Les Français doivent profiter de l’envol du marché des carburants verts au Brésil
Ecrit par fpargnyLouis Dreyfus connaît bien ce grand pays agricole, puissance émergente d’Amérique latine. Vingt ans après avoir acheté une usine d’agrumes à Matao, dans l’Etat de Sao Paulo, le groupe français va encore y injecter 320 millions de dollars d’ici 2012 pour doubler ses exportations de jus d’orange. Parallèlement, il construit sa huitième unité de production de sucre et d’alcool-combustible dans le centre-ouest du pays (Mato Grosso do Sul). Sa filiale locale, LD Commodities, exploite déjà 170 000 hectares de terres (141 000 ha de canne à sucre et 29 000 ha d’orangers) et emploie au total 20 000 salariés dans quatre usines de traitement d’oléagineux, sept usines de sucre, trois de jus d’orange, deux terminaux portuaires et plus cinquante silos. Sa forte implantation dans le domaine sucrier lui permet notamment d’être aujourd’hui le numéro deux sur le marché en plein boum de l’éthanol, avec une capacité de production de 11,5 millions de tonnes de canne à sucre en 2007-2008.
Louis Dreyfus n’est pas le seul Français installé sur place. Le premier sucrier français, Tereos, y construit également une sixième unité de production. Sa filiale Açùcar Guarani a broyé 8,2 millions de tonnes de canne à sucre à l’issue de la campagne 2006-2007. « L’arrivée en masse des groupes agroalimentaires européens, indiens, nord-américains et sud-américains devrait provoquer prochainement de grands changements », explique Jean-François Ambrosio, attaché commercial Environnement-Energie à la Mission économique de Sao Paulo. A côté des grands opérateurs, les équipementiers se placent également sur le marché juteux de l’éthanol, à l’instar du français Five Cail, revenu au Brésil en 2005.
Il est vrai que le Brésil, qui a produit 22 milliards de litres d’éthanol en 2007, est devenu un géant mondial. Le gouvernement veut encore aller plus loin et les Français peuvent profiter de la poussée des biocarburants dans ce pays (lire également l’article sur les Rencontres agroalimentaires et le Brésil dans Le MOCI n°1815 à paraître le 3 avril). La ME de Sao Paulo a, pour sa part, décidé d’organiser une mission d’entreprises (opérateurs, équipementiers), comprenant des rencontres avec des professionnels locaux, des visites de sites et des réunions d’informations sur les biocarburants de deuxième génération (à bas de déchets cellulosiques), la cogénération ou la production de biodiesel.
Le marché du biodiesel est jeune au Brésil. Mais, aux yeux du gouvernement de Brasilia, il est important de réduire les poches de pauvreté dans certaines zones rurales et de diminuer le coût des importations de diesel (1,3 milliard de dollars en 2006). Le ticket d’entrée y est aujourd’hui moins élevé que sur le marché de l’éthanol. Enfin, les spécialistes de la logistique peuvent gagner des contrats. Compte tenu de sa position géographique, la France peut jouer un rôle de relais. Le moment semble opportun, puisque le Brésil veut mener de pair le développement du marché domestique et des exportations d’éthanol et de biodiesel. Or, ses livraisons d’éthanol, qui représentent environ 20 % de la production nationale, sont principalement orientées vers l’Europe et l’Amérique du Nord. Au total, elles se sont ainsi élevées à 3,4 milliards de litres en 2006-2007.
Pour prolonger : lire nos articles sur le Brésil
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