Croissance et finances mondiales : quand l’OCDE doute poliment

Ecrit par ldupin

logo-ocde.gif Mars 2008 serait-il le temps du doute dans les bureaux et les arcanes de l’OCDE ? Il est en tout cas le temps d’un bilan économique anticipé et de prospectives relancées. L’organisme international a ainsi missionné jeudi dernier 20 mars Jorgen Elmeskov, son chef économiste par intérim, pour dresser publiquement à Paris un bilan intermédiaire de la situation économique de l’Europe, des Etats-Unis et du Japon. Cette photographie se cale en effet « à mi-chemin entre la publication des Perspectives économiques de l’OCDE du mois de décembre et celles à paraître en juin ». Une mise en bouche en quelque sorte, un “teaser” comme disent les anglo-saxons. Dont la teneur était annoncée cela dit dès le 4 mars, où le programme prospectif de l’OCDE -Objectif croissance- avait noté poliment un « rythme inégal dans la mise en œuvre des réformes économiques nécessaires pour améliorer le niveau de vie » des pays de l’OCDE. En clair, ça ne va pas.

Son secrétaire général Angel Gurría, note pour sa part, toujours dans une langue très politique correcte, que « les réformes dans le secteur du marché du travail ont été moins impressionnantes » que celles ayant abouti à de « nets progrès (…) dans la déréglementation des marchés de produits, et dans la réforme de l’éducation et de la fiscalité ».

En clair, ces études indiquent que cela ne va pas fort, que ça décroche même. D’où une avalanche de titres de presse pessimistes ces derniers jours, surtout ciblés sur le focus Etats-Unis : « OCDE, l’Amérique est au bord de la récession » (Les Echos) ; « L’OCDE s’inquiète pour la croissance américaine » (Le Figaro) ; etc, etc.

Après les réformes entreprises ou encore à faire, reste la question centrale des moyens mobilisables. Ce n’est pas un hasard ainsi si l’OCDE organise de concert avec la CNUCED -hier 27 et aujourd’hui 28 mars à Paris- un forum mondial sur l’investissement. Avec cette question franche en introduction des débats : « Que peuvent faire les pays en développement pour attirer des investissements plus nombreux et de meilleure qualité ? ». Un « que peuvent faire » très révélateur, qui en dit plus long que les analyses et les discours…

Pour prolonger : relire nos articles du magazine évoquant les études antérieures de l’OCDE; relire aussi les notes du Moci Blog George Bush s’inquiète de la chute du dollar et de l’inflation, Crise aux Etats-Unis : la faute aux exportations?

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