En visite au Royaume-Uni, Nicolas Sarkozy veut entraîner ce pays dans l’Europe
Ecrit par fpargnyComme avec les Etats-Unis, Nicolas Sarkozy veut imprimer un nouveau style dans ses relations outre-Manche. La première visite officielle d’un président français depuis douze ans, son intervention devant les deux Chambres du Parlement britannique, le premier Sommet bilatéral depuis son accession au pouvoir et celle du Premier ministre britannique Gordon Brown, tous ces évènements rassemblés ne pouvaient que donner une portée politique immense à un voyage de deux jours (26 et 27 mars), organisé à deux mois du début de la présidence européenne de la France. Et d’Europe il a bien été question ! Quand il appelle à une « nouvelle fraternité » ou à une « entente amicale » franco-britannique, Nicolas Sarkozy cherche à impliquer ses interlocuteurs, plongés dans le débat sur la ratification du traité de Lisbonne, à une participation accrue en faveur de la construction européenne. Plus précis encore, l’hôte de l’Elysée affirme que « le moteur franco-allemand est indispensable, mais pas suffisant » et que « l’Europe a besoin du Royaume-Uni ».
Pas facile, pourtant, pour les deux puissances nucléaires du Vieux continent de s’entendre en matière de défense, quand on s’est déchiré sur l’Irak. Idem quand on parle de libéralisme : le Royaume-Uni appuie notamment la Commission européenne dans sa volonté de séparer les patrimoines des producteurs et des distributeurs d’énergie, au grand dam de la France. Pas facile encore quand le coq gaulois défend bec et ongles l’existence d’une politique commune de l’agriculture après 2013, alors qu’Outre-manche on rêve à la place de la PAC (politique agricole commune) de nouvelles politiques dans l’énergie ou la recherche. Bien sûr, il y a les petits pas : le chef d’Etat français promet d’envoyer 1 000 soldats de plus en Afghanistan. Il se déclare aussi prêt à revoir la PAC et appelle à un « débat apaisé à la fin de l’année sur le thème de la sécurité alimentaire ». Gordon Brown, de son côté, dans une interview au quotidien Le Monde, se félicite de travailler « en tandem » avec Nicolas Sarkozy à la réforme de l’Organisation des Nations Unies (ONU), du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale. Nicolas Sarkozy compte aussi sur l’hôte du 10 Downing Street pour rajeunir le club des grands pays industriels et transformer le G8 en G13 ou G14. Mais la France et la Grande-Bretagne ne sont pas seulement séparées par une mer et une monnaie (le Royaume-Uni n’appartient pas à la zone euro). Il n’y a peut-être que sur la promotion de l’énergie nucléaire et la défense du protocole de Kyoto, censé lutter contre les émissions de gaz à effet de serre, que Londres et Paris s’accordent totalement.
Pour prolonger : lire nos articles sur le Royaume-Uni
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