Crise aux Etats-Unis : la faute aux exportations ?

Ecrit par ldupin

La réflexion voire même la catharsis se poursuit sur les pages de notre confrère américain Business Week. Après le doute porté sur l’action bénéfiques des multinationales (note du Moci Blog du 29/02) d’origine américaine, voilà que les chiffres sur l’import export viennent comme enfoncer le clou. Dans un article au titre volontairement choc –« La faillite des exportations »- le chef économiste du magazine Michael Mandel se pose et nous pose des questions. Elles partent de l’effondrement connu des emplois manufacturés aux Etats-Unis depuis 2000 : provient-il de l’augmentation de la productivité ou du départ de ces emplois à l’étranger ? On pourrait ajouter d’ailleurs : ou des deux ?

stat-us.gif Dans les chiffres ressortis par Mandel (tableau ci contre) on voit que les Etats-Unis avaient prévu, il y a dix ans, une croissance de leurs exportations qui ne s’est pas produite dans les faits. Du moins en totalité : dans la réalité, cette croissance a été deux fois moindre ( !), alors que dans le même temps les importations ont elles été d’environ 20% supérieures à ce qu’escompté. La faute à un optimisme trop débridé, à une trop grande confiance dans l’économie nationale, à des tendances vues comme acquises…? Il est vrai qu’en 1997, on avait pas prévu l’éclatement de la bulle internet, la crise pétrolière ou encore la crise financière… Trois lames qui ont causé des dégâts durables.

L’équation économique est certes complexe, et tout est question de savoir lequel de ses éléments a joué le rôle de déclencheur de la chaîne logique : est-ce le coût du travail qui a entraîné le départ de l’appareil de production à l’étranger ? ou est-ce la demande intérieure américaine qui a été trop supérieure aux capacités de production du pays ? Enfin, plus fondamental : l’emploi manufacturier aurait-il de toute façon diminué –pour aller à l’étranger ou par une naturelle décroissance organique- quelque soit l’influence de l’import-export… ? Une chose est apparente en tout cas : les Etats-Unis semblent découvrir avec décalage, façon mur pris à pleine vitesse, une réalité (la mondialisation, la concurrence et ses dégâts) intégrée depuis plusieurs années déjà sur le Vieux Continent… Ce sera plus que jamais un critère capital dans les élections présidentielles en cours et dans la capacité au futur président américain à intégrer un discours pragmatique et en phase avec ces difficultés. Bref la fin d’une certaine arrogance américaine et du bon vieux discours sur la naturelle protection de leur vaste marché intérieur.

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