Nucléaire en Afrique du Sud : un marché d’une “flotte” de réacteurs

Ecrit par ldupin

ampoule.jpg La patronne d’Areva Anne Lauvergeon, ce matin depuis Le Cap (elle fait partie du voyage présidentiel en cours), a reposé clairement sur radio BFM les enjeux du marché énergétique en Afrique du sud et ce que la France peut y faire. Areva y a déjà construit deux réacteurs dit-elle, il y a quelques vingt ans en tout, et assure depuis services et maintenance associés. Reste l’avenir, face à un problème énergétique d’urgence pour l’Afrique du sud : les “black out” (coupures massives) d’électricité s’y multiplient, ce qui commence à poser problème au plan économique et politique. “Nous espérons être choisi car le pays a besoin de 20.000 MGw. Il leur faut plus d’énergie pour porter leur croissance. Ils sont certes dans l’urgence, mais il leur faut trouver aussi des solutions sur du long terme, comme le nucléaire“. Question du journaliste radio : le pays a t-il les moyens financiers de ses ambitions? A. Lauvergeon est nette et rassurante dans sa réponse : “Ils pourraient rentrer dans l’Union Européenne en répondant aux critères de Maastricht“. Surprenant mètre étalon sur deux continents si divers, quand même, peut-on noter. Mais on en est pas à une emphase, quand il s’agit de faire montre d’élan et d’enthousiasme dans le business!

Revenons aux chiffres. Car se sont quelques 12 réacteurs en jeu, d’ici 2025 : une “flotte” d’après le mot de la pdg. A construire avec un fournisseur unique ou sur un partage du gâteau? “On pourrait en avoir deux, c’est dans les mains des sud africains“, note avec prudence Lauvergeon. Tout en rappelant aussi le “poids d’entraînement” que peut avoir une telle décision si elle tombe en faveur de la France : “L’Afrique du sud, c’est 50% de toute l’énergie produite en Afrique“. Ce qui donc donne un effet d’entraînement sur d’autres contrats. D’où aussi un travail sur ce dossier qui ne peut se concevoir qu’en collaboration : “Nous travaillons dans un consortium avec Bouygues, EDF notamment et avec le sud-africain Aveng. Alstom a été choisi pour réaliser la turbine“. Aucun chiffre en revanche n’a été communiqué sur ce dossier. Ils apparaîtront peut être au terme du voyage présidentiel dans le pays, demain vendredi.

Pourtant, rien ne semble aussi définitif à ce jour. Dans une dépêche du 28/2, l’AFP indique pour sa part que : “L’Afrique du Sud, qui dispose déjà de la seule centrale nucléaire d’Afrique noire, veut en construire une deuxième et a approché Areva ainsi que son concurrent américain Westinghouse“. Le nom d’un concurrent ressort. Les jeux seraient donc encore ouvert malgré la visite présidentielle et ses habituels contrats signés mis sous les projecteurs?

cover-areva.jpg La patronne d’Areva dispose en tout cas d’une couverture média hexagonale appuyée en ce moment, en relais : déjà bien aimée des médias pour son caractère trempé et son image de capitaine d’industrie, notre confrère Challenges lui consacre sa dernière une sous ce titre explicite : “La bombe Lauvergeon“. Puis suit dans la même veine et dans le contenu éditorial un article en ligne, titré lui “Atomic Anne“, et qui parle entre autres de la “diplomatie de l’atome“. Une diplomatie qui intéresse celle politique, même si elle doit s’accomoder pour cela des frictions et des électrons libres du jeu politique…

Pour prolonger : relire notre article du magazine “Afrique du Sud : quand la crise énergétique menace l’industrie”, paru dans le n°1812 du jeudi 21 février 2008; relire la note du Moci Blog “Anne Lauvergon : Areva et le nucléaire américain“.

2 commentaires pour “Nucléaire en Afrique du Sud : un marché d’une “flotte” de réacteurs”

  1. entreprisemeto dit :

    l’afrique du sud a t’elle la bombe nucleaire

  2. ldupin dit :

    Il semble qu’à ce jour non, mais dans le passé oui, à lire ces notes : en premier http://fr.wikipedia.org/wiki/Arme_nucl%C3%A9aire#Pays_disposant_de_l.27arme_nucl.C3.A9aire, et en second http://fr.wikipedia.org/wiki/Pieter_Willem_Botha

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