Nicolas Sarkozy au Salon de l’agriculture défend la PAC contre l’OMC

Ecrit par fpargny

A entendre le président Sarkozy, qui inaugurait le 23 février la 45e édition du Salon international de l’agriculture (SIA),  il y a peu de chance que les négociations internationales sur la libéralisation des échanges aboutissent sous l’égide de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). En mettant en avant la préférence communautaire, qui est un principe fondateur de l’Union européenne (UE), le chef de l’Etat a, en effet, affirmé qu’il n’était pas prêt à accepter l’entrée dans l’UE d’importations agricoles « à bas prix ». Au passage, il s’en est pris à la Commission européenne, trop encline, selon lui, à accepter de fortes concessions en matière de réduction des droits de douane. Il est vrai que certains commissaires européens, notamment la danoise Mariann Fischer Boel et le britannique Peter Mandelson, en charge respectivement de l’Agriculture et du Commerce, défendent des politiques plus libérales.

Par ailleurs, certains Etats membres non agricoles, comme le Royaume-Uni, estiment que la politique agricole commune (PAC) coûte cher (40 milliards d’euros par an). Enfin, il y a la pression des pays émergents, parfois de grands producteurs et exportateurs mondiaux de produits agricoles comme le Brésil, qui plaident pour une ouverture franche des frontières. De fait, Clodoaldo Hugueney, ambassadeur du Brésil à l’OMC, se félicitait récemment de l’inclusion dans le dernier projet d’accord de cette institution d’une proposition du G20, club de pays réunissant notamment le Brésil, l’Inde et la Chine, qui demande une réduction moyenne minimale de 54 % des droits de douane que perçoivent les pays développés sur leurs importations agricoles.

 

Confronté à ces différentes pressions, Paris a décidé de profiter de sa présidence de l’Union européenne au deuxième semestre 2008 pour « engager une véritable refondation de la PAC » plutôt que d’attendre 2013, l’année qui avait été retenue en 2003 à Luxembourg par les Etats membres pour discuter d’une nouvelle réforme. En matière agricole, la présidence européenne de la France devrait prendre deux directions : une meilleure répartition des aides et une gestion efficace des risques climatiques et sanitaires. Paris estime que l’UE aide trop les grandes cultures au détriment de secteurs fragiles, comme l’élevage ovin et de montagne et les fruits et légumes.  Le ministre de l’Agriculture et de la pêche, Michel Barnier, souhaite aussi une réorientation en faveur « de modes de production plus coûteux », comme l’agriculture biologique.

 

S’agissant de la gestion des risques, le gouvernement réfléchit à un fonds spécialisé. « Les décisions que nous prendrons dans ce cadre s’appliqueront dès 2009 », a indiqué Nicolas Sarkozy au SIA. Ce seront les premiers pas avant la grande réforme de 2013. Le défi alimentaire et les opportunités sont considérables : alors que la demande de produits pourrait doubler d’ici à 2050, le climat se réchauffe, les terres s’épuisent et l’eau est plus rare. Enfin, la population mondiale pourrait passer de 6 à 9 milliards d’individus.

 

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