Les étrangers investissent en Ukraine malgré les désaccords politiques au sommet de l’Etat
Ecrit par fpargnyLe 21 février, le Premier ministre ukrainien Ioulia Timochenko se déplacera à Moscou. Soit neuf jours seulement après la visite, le 12 février, du président Iouchtchenko dans la capitale russe. Les deux têtes de l’exécutif ont exprimé des positions divergentes sur le traitement du contentieux gazier avec la Russie. Prenant de court son chef de gouvernement, prêt à croiser le fer avec le Kremlin, le chef de l’Etat, en se rendant à Moscou, est parvenu à obtenir que le prix du gaz russe pour l’Ukraine reste inchangé cette année à 179 dollars pour 1 000 mètres cubes. En contrepartie, il s’est engagé à ce que son pays commence à rembourser dans les prochains jours la dette de 1,5 milliard de dollars due au géant Gazprom. Dans cette bataille à distance, Ioulia Timochenko peut, toutefois, se féliciter que sa demande de supprimer RosUkrEnergo, un intermédiaire contreversé dans les livraisons de Gazprom à l’Ukraine, ait débouché sur un accord : une nouvelle structure plus transparente, détenue à parité Gazprom et l’entreprise publique ukrainienne Naftogaz, doit remplacer RosUkrEnergo. Reste le dossier épineux du prix du transit du gaz russe que le Premier ministre ukrainien veut renégocier à la hausse. Les discussions le 21 février avec le chef du Kremlin, Vladimir Poutine, s’annoncent serrées.
A la lumière des négociations avec la Russie, on peut en déduire que les deux têtes de l’exécutif ukrainien ne sont pas parvenues à se répartir clairement les responsabilités politiques. Préparent-elles déjà les élections présidentielles, qui doivent se tenir à la mi 2009 ? Toujours est-il que le risque est grand d’une victoire du camp pro-russe. L’équipe au pouvoir dispose d’une majorité courte au Parlement. Depuis la révolution orange démocratique de 2004, l’instabilité politique est chronique. Fort heureusement, les rebondissements multiples à Kiev ne semblent pas devoir jusqu’à présent freiner les investisseurs étrangers. La France, qui, de source ukrainienne, dispose d’un stock d’investissement direct de 1 milliard de dollars, est ainsi passée ces deux dernières années de la 21e à la 8e place. De grandes entreprises se sont implantées : BNP, Calyon, Société Générale, Bel, Danone, Euralis, etc. La France prévoit encore d’organiser, les 22 et 23 juin à Kiev, un Forum Eurasie, avec les Missions économiques présentes dans la Communauté des Etats Indépendants (CEI), les conseillers du Commerce extérieur de la France et Medef.
En matière d’investissements directs étrangers (IDE) en Ukraine, les flux annuels atteindraient au total un montant de 4 milliards de dollars et le stock général s’élèverait à 23 milliards de dollars. Malgré les risques de pénurie énergétique, l’économie reste florissante, avec une croissance de 7,2 % l’an dernier. L’entrée de l’Ukraine dans l’Organisation mondiale du Commerce (lire notre actu en ligne du 11 février) devrait favoriser les réformes structurelles. Pour devenir une cible prioritaire des IDE, améliorer l’environnement des affaires est indispensable. Surtout dans l’optique de l’Eurofoot 2012, organisé avec la Pologne, l’Ukraine va devoir instiller plus de transparence dans ses appels d’offres et ses marchés publics.
Pour prolonger : lire les articles sur l’Ukraine http://www.lemoci.com/recherche.php?rech…
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