Société Générale : un expert s’interroge sur la gestion de la performance
Ecrit par sfigariLa Société Générale aurait-elle pu faire l’économie de l’affaire Kerviel ? Oui si l’on en croit Cyril Vegni, associé au sein d’Oxea, jeune cabinet spécialisé en gestion des risques et contrôle interne. Invité à donner son avis sur les pertes de près de 5 milliards d’euros attribuées au trader Jerôme Kerviel, cet expert s’étonne : « C’est un peu comme de donner les clés de votre voiture à un voleur et d’aller boire un café pendant deux heures ».
Mais au-delà des dysfonctionnements constatés aux différents niveaux de contrôle de la Société Générale c’est toute la profession bancaire qui a été prise en défaut. En effet, Cyril Vegni relève que les audits réalisés par la Commission bancaire antérieurement à la présumée fraude n’avaient rien relevé d’anormal. Or « si les audits sont utiles, ils ne sont pas totalement opérationnels. Surtout quand il s’agit de gérer l’imprévisible. »
Dans le cas de la Société Générale, l’imprévisible a pris les traits d’un jeune trader. Lequel, si l’on en croit la direction de la Société Générale a pu gérer seul des positions de 40 à 50 milliards - l’équivalent du PIB du Maroc - sans être bloqué par sa hiérarchie qui n’a pas jugé utile de renforcer sa surveillance alors même qu’une alerte lui était parvenue du marché de produits dérivés Eurex sur une position risquée prise par Jérôme Kerviel en novembre 2007. Ce dernier, rapporte l’agence Reuters, « a été interrogé par la banque, mais il s’en serait sorti en produisant un faux ».
Autant d’éléments qui confortent l’analyse de Cyril Vegni : « De nos jours, les entreprises portent une grande attention à la conformité mais négligent la gestion de la performance. C’est d’autant plus regrettable qu’elles sont confrontées en permanence à des évènements aléatoires susceptibles de les mettre en péril sans parler les risques d’attentat ou de pandémie ». Pourtant, explique t-il, un arrêt d’activité peut rapidement entraîner la disparition d’une entreprise. C’est encore plus vrai à l’international où la statique est dangereuse ». Le cas de la Société Générale apporte de l’eau au moulin de Cyril Vegni qui estime que la plupart des entreprises n’agissent que lorsque le mal est fait. C’est-à-dire trop tard.
Pour prolonger : relire les articles du magazine sur la Société Générale et ci-dessous la note de blog datée du 30 janvier que Laurent Dupin a consacrée à cette banque.
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