Services informatiques : et vint Deutsche Telekom of India

Ecrit par ldupin

Alors que les projecteurs de l’actualité sont braqués en ce début de semaine sur le voyage présidentielt-syst-pdg.jpg de Nicolas Sarkozy, l’Inde continue de faire des affaires… avec l’Allemagne ! Et sur l’un de ses domaines de compétences phares, la high tech et plus particulièrement l’informatique professionnelle. D’après l’AFP, le conglomérat indien Tata et l’allemand Deutsche Telekom vont mettre sur pied une société commune. Spécialisé sur les services informatiques, cette société est sur le papier un réceptacle au rapprochement de deux filiales propres à l’une et l’autre entreprise : TCS côté indien, T-Systems côté allemand (dirigée par Reinhard Clemens), des marques très connues déjà au plan international. D’après le magazine allemand Focus, cité par l’AFP, des délocalisations de postes allemands seraient à prévoir : de l’ordre de 6000, sur les 13000 postes que compte la filiale de DT.

tcs-pdg.jpg Outre le conflit social à prévoir vu les mouvements de troupe prévus, l’enjeu en arrière plan de ses grandes manœuvres concerne clairement le marché stratégique des progiciels de gestion, en anglais les “ERP” : des systèmes informatiques coeur équipant les entreprises dans le monde entier (T-Systems revendique 160.000 clients), et sur lesquels pèse le leadership de SAP… un allemand lui aussi. Pas un hasard dès lors, surtout quand on se souvient que début janvier, la filiale de DT communiquait sur le fait qu’elle a décroché « la certification globale sur la gestion d’applications SAP ». Un partenariat « super gold » voire plus, stratégique dans les deux sens : les Allemands y trouvent un moyen de mieux gérer des projets de développement à moindre coût (ce que l’on appelle l’off shore, variante plus lointaine du near shore, dont nous avions parlé dans le cas tunisien) ; les Indiens appréhendent mieux (en terme de langues et d’approche culturelle) ce marché et ses besoins, un point crucial sur ce genre de projet. Et une critique régulière des limites à l’off shorisation de l’informatique. Ce serait donc in fine un coup de maître pour la direction actuelle de TCS, emmenée par S. Ramadorai, son P-DG (photo).

Pour prolonger : relire notre étude de cas sur SAP, publiée dans le numéro 1801 du 20 septembre 2007 ; relire le dossier “Les nouvelles clés du commerce mondial“, publié en février 2007; relire l’article en ligne sur la Tata Nano;

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