Projects Abroad : le prix de l’humanitaire international
Ecrit par sfigari
Il y a bien une vie hors le V.I.E. D’ailleurs cette formule très prisée – et plutôt bien rémunérée - de volontariat international gérée par Ubifrance ne satisfait qu’une demande sur 10 avec un niveau élevé de sélection. Toutefois, d’autres voies s’offrent aux étudiants qui peuvent démontrer leur ouverture culturelle et leur adaptabilité en s’engageant par exemple dans des missions humanitaires.
Depuis plus de 15 ans, l’organisation internationale « indépendante et laïque » Projects Abroad, dont la branche française a été créée en 2006, surfe sur la vague humanitaire en proposant aux jeunes de plus de 16 ans de meubler utilement la « gap year » (« parenthèse utile » en français. Ce concept très anglo-saxon d’interruption prolongée du cursus scolaire, bien souvent entre le lycée et l’entrée à l’université leur offre l’opportunité d’acquérir une expérience professionnelle (en droit, économie, environnement, médecine…) dans quelque 20 pays en Asie, Afrique, Amérique Latine, Europe de l’Est. Qu’il s’agisse de travailler dans une entreprise en Mongolie ou en Chine, d’enseigner au Népal ou de participer à un projet d’éco développement dans le sud de l’Inde, Projects Abroad se fait fort de proposer une large palette de missions ou de stages aux lycéens, jeunes diplômés, étudiants ou actifs désireux de concilier la découverte d’un pays et d’une culture avec une activité formatrice. Chaque année, quelque 3000 volontaires dans le monde tentent l’expérience à l’instar des princes William et Harry d’Angleterre, qui ont contribué à populariser le concept tout en faisant le bonheur des journaux « people ».
Toutefois, contrairement au V.I.E, non seulement ces missions ne sont pas rémunérées, mais leur coût élevé ne les met pas à la portée de toutes les bourses. A titre d’exemple, un mois de stage en économie en Chine ou au Chili coûte 2 445 euros et le montant pour trois mois s’élève à 3 345 euros. Au-delà, il faut compter 595 euros par mois supplémentaire (tous les tarifs peuvent être consultés sur projects-abroad). A ce prix s’ajoute celui du billet d’avion (compter entre 995 et 1400 euros) et des cours de langue pour ceux qui souhaitent profiter de l’occasion pour renforcer leurs compétences en anglais, russe, espagnol, arabe ou portugais.
Projects Abroad – conformément à la philosophie de l’ONG « International Volunteer Programs Association » dont l’organisation est membre – justifie ses tarifs en assurant que tous les frais sur place sont couverts et que les stagiaires bénéficient de l’encadrement d’une équipe de professionnels locaux. En outre, explique t-on sur le site de l’organisation, « la recherche de fonds est certainement, après l’étape de l’inscription, un des premiers challenges à relever ». A toutes fins utiles, les candidats désargentés sont invités à suivre les conseils fournis sous l’onglet « Le mini-guide Projects Abroad de collecte de fonds ». Toutefois, ne doit-on pas craindre que l’engagement humanitaire de ces jeunes soit réduit à leur capacité à lever des fonds ? Et n’est-il pas risqué pour leur sécurité d’associer leur statut de volontaires avec celui de pourvoyeur de fonds ? le débat est ouvert, et pour tous ceux qui se demandent où va l’argent, la réponse est à chercher sur cette page.
Pour prolonger : relire le dossier spécial que Le Moci a consacré au VIE, dans le n° 1803 paru le 18 octobre 2007.
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Je ne suis pas certain que les deux jeunes princes anglais -qui font un peu les vitrines ici- soient tout à fait représentatifs d’une jeunesse voulant concilier envie de l’engagement à besoin de se former pour se professionnaliser. Ceci sans remettre en cause ni minimiser leur sans doute très sincère goût pour l’humanitaire, initié par leur mère avait-on pu savoir dans le temps.
En ce qui concerne les missions proposées par Projects Abroad, elles sont en effet auto-financées par les volontaires mais la différence majeure avec les V.I.E est qu’il n’y a aucun processus de sélection. On est donc sûr de partir et on peut aussi choisir ses dates, le thème de sa mission et le pays d’action. Projects Abroad ne considère absolument pas ses volontaires comme des pourvoyeurs de fonds mais comme des personnes motivées qui souhaitent réellement être utiles et s’impliquer dans un pays du Sud et en retirer une expérience enrichissante tant au point de vue personnel que professionnel.
Bonjour,
Je suis TRES TRES étonnée par cet article !
Oui, il y a bien une vie en dehors du V.I.E. pour ceux qui souhaitent vivre une expérience de volontariat “humanitaire” à l’étranger : et ça s’appelle le VSI (Volontariat de solidarité internationale).
C’est un VRAI statut, pour des VRAIES missions, avec des VRAIES O.N.G, reconnues par le VRAI ministère des Affaires Etrangères Français…
Si vous voulez partir en mission humanitaire, avec un vrai statut, partez en VSI !
Allez voir sur le site du Clong (collectif d’ONG d’envoi de volontaires) www.clong-volontariat.org
Je suis d’accord avec vous, Karlotte. Le mélange des genres peut s’avérer dangereux, surtout quand on s’adresse à des jeunes prêts à s’engager pour défendre leurs idéaux. Le Volontariat de Solidarité International (VSI) instauré par
la loi du 23 février 2005 leur permet de vivre une expérience humanitaire tout en bénéficiant de la protection qui leur est due à leur statut et à leur inexpérience. Et le site du clong que vous donnez en référence est effectivement incontournable si l’on veut faire le tour de la question.
Effectivement il ne faut pas mélanger les genres. Des programmes comme ceux de Projects Abroad et des missions de VSI ne sont pas comparables. Pour celles et ceux qui ne peuvent pas ou qui ne veulent pas faire de VSI, des missions de courte durée sont une alternative qui a des avantages et des désavantages.
Parce que c’est quand même pas si facile que ça de faire un VSI. D’abord, il faut avoir le profil recherché puisque pour le VSI, il faut candidater et il faut s’imposer contre les autres candidat(e)s pour le même poste. Si on a fait philo ou un BTS comptable, ce n’est pas évident. Et même si t’es la perle rare que tout le monde s’arrache, faut être prêt(e) à partir pour min. 1 an. Pas non plus évident de quitter apart, copins, famille etc. pour tant de temps.
Cela ne veut pas dire que l’un ou l’autre est mieux ; c’est juste différent.