E-commerce + e-crédit : posologie idéale pour booster la consommation en Europe ?

Ecrit par ldupin

cetelem-3.gif Hier mardi, l’Observateur Cetelem réunissait à Paris la presse pour communiquer le bilan de sa dernière étude sur la consommation en Europe, à travers une base de 10.000 européens questionnés. Bien sûr, faut-il le souligner, Cetelem est un organisme de crédit, filiale de BNP Paribas. Son discours sur la consommation, sans être militant et béat, n’en demeure pas moins anglé. Reste l’actualité, imprévisible elle : alors que lundi les bourses mondiales plongeaient sur des -6 à -9%, il eut pu paraître difficile de communiquer le lendemain sur ce thème. Et de diffuser des idées comme (extraits du communiqué de presse remis à l’occasion) : « l’Europe a encore envie de sourire », ou « A l’échelle du moral au moins, l’intégration et l’harmonisation européenne poursuivent leur marche en avant ! ». D’ailleurs, l’oreille distraite qui traînait en amont et en aval de la conférence, percevait très bien « le » sujet de conversation parmi les organisateurs : les bourses et la peur de la crise. Un problème de timing en fait.

cetelem1.jpg Soyons juste. L’analyse de Cetelem porte sur l’année 2007 et se veut surtout un cap. Son constat, figé comme tout constat, reste vrai. Et l’étude, comme les explications pointues et vivantes du rapporteur Pascal Roussarie (photo), relativisaient aussi en parlant bien du « contexte actuel » et de la question du pouvoir d’achat. Mais la rhétorique s’est remobilisée cependant en posant l’équation en sens inverse, et reliant ainsi le thème 2008 choisi par l’Observateur, de l’internet (belle pirouette). Notant des intentions de consommation toujours fortes, qui ne demanderaient qu’à se transformer en actes, hé bien pardi, la voilà la solution idéale en Europe : un « allié de plus en plus précieux et de plus en plus présent : le e-commerce ».

Les taux actuels de croissance du e-commerce sont à deux chiffres, et l’étude sent même des taux à trois chiffres sur un segment 2006-2010 ! C’est osé. Cetelem l’appelle de tous ses vœux : le crédit en ligne pourrait être cette autre solution pour débrider la consommation. En gros l’idée de passer du « click to pay » au « click to credit » par la grâce du mulot et du haut débit. Mais là, ça coince un peu quand même, l’offre n’étant pas « simple à installer », les européens ne l’utilisant pas trop et ce critère ne pesant pas dans leur satisfaction globale à l’e-achat. Entrepreneurs français et aspirants exportateurs : ne vous pressez donc pas à installer des e-boutiques et solutions d’e-credit en ligne, pour vendre là où les taux de croissance sont les plus fous en Europe. Et souhaitons juste, aux citoyens européens, que, par besoin réel ou pour conjurer le sort, le haut débit de connexion ne rime pas avec… le haut débit de comptes bancaires.

A suivre : prochainement dans le magazine Le Moci, un article plus détaillé sur les chiffres et tendances indiqués dans cette étude.

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