Salon automobile de Détroit : l’obsession chinoise et indienne
Ecrit par ldupin
Le New York Times nous rappelle ce jour sur la une de son site internet que se tient actuellement le Salon automobile de Détroit (prononcez « Ditroye’t ») , en fait le NAIAS (pour “North americain international auto show”) . Un must sur le marché au regard de sa taille : un évènement vieux de 20 ans, matériellement l’équivalent de 750 terrains de foot s’amuse à noter le site de la manifestation. Mais aussi de son histoire, Détroit étant la capitale historique de l’industrie automobile, avec l’aventure d’un certain Henry Ford au début du siècle. Bref, un symbole vivant de la suprématie américaine.
Mais la suprématie n’est plus ce qu’elle est. Ecologie, coût de l’énergie et concurrence mondiale exacerbée sont passés par là. Ainsi parmi les sujets « polémiques » évoqués, celui de la concurrence chinoise et indienne s’est largement (im)posé visiblement. Cet article de notre confrère Nick Bunkley l’explique très bien : relégués dans un coin du salon, les « nouveaux » constructeurs chinois (mais aussi l’indien Tata, non présent) étaient dans tous les esprits et toutes les conversations d’allées et de comptoirs. On relativise certes cette menace, en soulignant l’inadéquation de ces produits aux exigences locales. Mais on sait aussi compter sur ses doigts : l’année dernière encore, il n’y avait qu’un seul fabricant chinois sur le salon ; en 2008, ils sont 5 désormais.
Une des accroches pour séduire les consommateurs américains ? Les petites voitures non polluantes et pas chères. Mais là, c’est surtout la « Tata Nano » de l’indien éponyme, lancée mondialement le 10 janvier dernier, une mini voiture low cost, qui donne des sueurs froides aux patrons du secteur automobile aux Etats-Unis. « Aujourd’hui, nous n’avons aucune offre à mettre en face de ça », a indiqué par exemple un ponte de General Motors. Manière de dire entre les lignes : « vite, il faut réagir ! », et faire cogiter les bureaux de R&D, de design ainsi que les équipes commerciales. Pour cadrer un produit dans les eaux des 2500 dollars, le prix de la Nano.
Les esprits persifleurs de noter à Détroit que l’an prochain, Tata pourrait bien prendre un stand pour de bon dans ce grand show. Ne serait-ce que parce que l’empire industriel indien est sur le point de s’offrir deux marques de la propriété… de l’américain Ford : Jaguar et Land Rover, certes britanniques d’origine. D’après cet article de l’India Times, Tata se payerait d’ailleurs le luxe d’embaucher un ponte de Ford pour diriger les deux marques rachetées et réorganisées sous son pavillon.
Pour prolonger : relire nos articles publiés sur le magazine papier, sur le secteur automobile.
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