Chine: attention aux transferts de technologie
Ecrit par jftournoudLors de la récente visite de Nicolas Sarkozy à Pékin, tout le monde s’est gargarisé du chiffre total de grands contrats signés: 20,413 milliards d’euros. On a peut-être un peu vite oublié que Pékin n’engage pas une telle somme en pure perte. Ainsi, dans l’aéronautique, la Chine n’est pas le Golfe où les compagnies aériennes locales commandent des flottes entières d’avions contre quelques compensations (Dubaï: hub régional d’entretien des Airbus, notamment les A380, et 5% du capital d’EADS). Les Chinois ont de très grandes ambitions aéronautiques, au point de vouloir même aller sur la Lune, un projet qui tient purement de l’effet d’annonce. Plus prosaïquement, ils ont un retard dans la maîtrise compliquée de la construction d’avions. Le partenariat avec Airbus (voir Actualités du 27/12/07 - Sarkozy en Chine: un bilan des grands contrats signés) leur permettra d’apprendre à le faire, avant de construire eux-mêmes leurs propres avions et de les exporter.
Même chose dans le nucléaire. Désormais, les centrales nucléaires classiques (type Daya Bay et Ling Dao, construites par Areva et EDF dans les années 80 et 90) sont 100% chinoises. Ils vont en construirent d’autres et affirment déjà avoir le projet de les exporter. L’EPR (deux commandés) les intéresse uniquement parce qu’il s’agit d’une technologie nouvelle. Les éventuels prochains réacteurs de ce type pourraient être fabriqués en Chine. Enfin, la dernière grande priorité des autorités de Pékin est le train à grande vitesse. La première ligne desservie sera Pékin-Shanghai vers 2011. Pour y parvenir, les Chinois font là aussi appel à des technologies japonaise, canadienne, allemande et française. Mais il va de soi que 80% du matériel roulant est “Made in China”.
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Excellente réflexion. Mais peut-on laisser passer le train chinois en se contentant de le regarder filer ? Le mieux n’est-il pas de contrôler, au moins, la technologie qu’on leur donne (au lieu de se la faire pirater ou copier, de toute façon, un jour) ?
Personnellement, le concept et le projet de “chinois sur la lune”, je trouve cela non seulement très motivant (nb: les américains ont cessé d’y croire depuis la dernière mission lunaire en… 1972) mais aussi très bon pour relativiser la vision occidentalo-centrée du monde. De toute façon, sur de tels projets (Lune, Mars, etc.) la dynamique d’équipes internationales devrait seule fonctionner, plutôt que des compétitions stériles entre pays.