MIT européen : ouvrable en 2008 et attendu au tournant

Ecrit par ldupin

« MIT » : trois lettres pour un acronyme mythique qui désigne le Massachusetts Institute of Technology, un des plus célèbres pôles de recherche et innovation au monde, américain de naissance (il a été fondé en 1861 à Cambridge, non loin de Boston).

europe-flag.jpg L’Europe a décidé de s’inspirer du concept, et va se doter d’une structure semblable, indique notre confrère News.fr. Inspiration aussi, sur le marketing des mots : car ici on parlera de « European Institute of Technology », soit de l’acronyme « EIT » ou en français « IET » (un peu proche des universitaires « IUT » créés en 1966, peut-on noter). Projet porté par la Commission européenne, il sera doté à son démarrage d’un budget de fonctionnement de 308,7 millions d’euros sur six ans (plus court que les 2 milliards envisagés à l’origine, rappelle L’Expansion.fr). Ses portes doivent ouvrir à compter du printemps 2008. Où au fait ? On parle de Strasbourg pour sa direction. Mais rappelons que dans l’esprit de l’Union, il s’agira plus d’un réseau, avec un comité directeur et des « CCI » réparties dans les pays européens : autre acronyme prêtant à confusion, puisqu’il désigne là des « communautés de la connaissance et de l’innovation ».

On sent les attentes importantes sur ce nouvel « outil », exprimées sur le web et les blogs : par exemple sur Generation-nt.com on le justifie pour «  ne plus subir éternellement le joug américain, et éviter la fuite des cerveaux vers les USA, et demain vers la Chine et l’ Inde » ; sur etudiants-erasmus.com, on espère qu’il va « doper la recherche européenne en intensifiant par exemple les interactions avec les PME du secteur privé ». Voici aussi, publiée sur le site Euros Du Village, une bonne synthèse des doutes, enjeux et espoirs qui ont émaillé la formalisation de ce projet.

4 commentaires pour “MIT européen : ouvrable en 2008 et attendu au tournant”

  1. cgilguy dit :

    Il n’est jamais trop tard pour bien faire. La question est de savoir si ce pôle va encore faire l’objet d’une foire d’empoigne entre les centres de recherche des différents pays ou si il va réellement réussir à fédérer les énergies, par exemple autour de vrais programmes transversaux paneuropéens. Et si le confortable budget dont il est doté ne va pas être absorbé par de nouvelles bureaucraties plutôt que réellement investi dans la recherche…

  2. ldupin dit :

    En effet. On peut par exemple poser d’emblée la question des synergies avec les pôles de compétences français (cf: nos notes sur ce blog, liées à leur dernier Forum début nov.), ou avec les grands “conteneurs” à innovation que sont l’ESA (l’Agence spatiale européenne), l’EACI (Agence exécutive pour la compétitivité et l’innovation) par exemple, ainsi que les multiples instituts européens, sur tel ou tel thème, publics et/ou privés.
    Une possiblité serait finalement de le “thématiser” très nettement sur une discipline ou un ensemble de disciplines connectées. Piste non encore clairement évoquée.

  3. cgilguy dit :

    Oui. Mais l’idéal serait une structure légère, qui favorise les rapprochements entre acteurs de la recherche travaillant dans des domaines similaires (cf.je ne finance que si vous avancez ensemble)sans chercher à centraliser les choses.

  4. ldupin dit :

    Oui. Mais on manque finalement tous deux sur ces pistes l’axe de formation, de structure d’enseignement et d’études qu’est aussi et essentiellement à l’origine, un “MIT”. Ce qui nous ramène à un autre débat aussi ancien : le rapport entre le monde universitaire, la recherche et les entreprises. Comment fludifier les idées et structurer les projets entre ces 3 univers? Et comment y déposer dessus une “marque de fabrique” européenne?

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