Facebook : une drogue, une arme de concurrence (déloyale) massive ?
Ecrit par ldupin
Une info capitale, lue au détour d’un excellent papier du Monde 2, “Plus belle ma vie en ligne” signé de la très inspirée Claire Ulrich. Elle y parle de toutes nos consommations technologiques, et entre autres de Facebook : vous savez, ce réseau social en ligne d’origine américaine qui -ça y est- a eu aussi les honneurs d’un sujet au « JT » de France 2 cette semaine (critère de réussite et de vulgarisation sans pareil). Si personne ne peut réellement donner une définition claire et nette du “bidule”, “tout le monde y est” comme on dit, et de plus en plus. Les retardataires sont priés de s’y mettre , sous peine d’être taxé d’ici peu de ringardisme…
Mais comme souvent, on livre déjà une “contre définition” de cet outil phare du web 2.0, le nouvel internet communautaire. Lisez plutôt l’audace : “La perte de productivité professionnelle due à la drogue Facebook a déjà été estimée” entonne notre consoeur du monde. “30,8 milliards de livres sterling pour le seul Royaume-Uni (44 milliards d’euros environ)“. Le chiffre semble énorme quand même et renvoie à l’éternel dilemme sur les prévisions et estimations statistiques. On imaginerait presque, à terme, la création d’un “indice Facebook” qui comparerait les économies et les pays, dégageant une sorte de “taux d’oisiveté interactive comparé”… Sans doute moindre en chiffres, le mal est là cependant, dans les entreprises et sur les ordinateurs de bureau. Il se nomme “parcellisation des tâches”, “multiplication des écrans et applications”, “dilution du message dans la sur-communication”, etc, etc. Mais alors, soyons juste, Facebook n’est pas seul incriminable : il faut lui adjoindre sur le banc des accusés les mails, messageries instantanées, intranets, progiciels de gestion, plateformes d’échanges, etc. Et plus globalement notre mode collectif et intime d’utilisation des technologies au travail et ailleurs, qui rime avec frénésie et boulimie. Rarement avec sagesse.
Alors raisonnons par l’absurde, ou plutôt posons la bonne vieille question « à qui profite le crime » ? Et si Facebook avait été conçu pour une toute autre utilité que le monde gentil estudiantin dans lequel il est né ? Et s’il s’agissait secrètement de nous… occuper le temps de cerveau disponible? En gros pendant qu’on clique, navigue, crépite en ligne de contacts en groupes et d’applications en blogs, on se concentre moins sur le “vrai” monde, le travail en dur, sur les dossiers à gérer, les chiffres à faire et la compétition économique. Facebook, machine de guerre qui se cache, arme de concurrence massive pour l’import-export américain? Le président Sarkozy parlait bien lors de son voyage officiel aux Etats-Unis (relaté sur LeMoci.com), de la nécessité d’une concurrence franco-américaine “à la loyale“. Je ne pense pas qu’il songeait à cette forme insoupçonnée et très à l’avant-garde. Mais qui sait… Il y a deux ans, un petit film d’anticipation faisait un tabac sur le web (encore lui) en diabolisant Google et en projetant un futur tout entier dominé par ses technologies, sur le ton du “voila le nouveau Big Brother“. Facebook aura droit dans quelques mois, on peut déjà le parier, à cet honneur et cette consécration.
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Je pense beaucoup plus que ces sites, à l’image de myspace, youtube ou encore asmallworld sont là pour la Publicité. Si leur prix de vente à de grands groupes n’ont aucunes mesures avec leurs résultats c’est bien en raison de leur aspect stratégique et donc leur potentiel publicitaire… Lequel? de la simple puissance en audience? certes mais ce genre de sites à communauté virtuelle permet surtout d’avoir assez de données personnelles sur les comportements, aspirations et goûts de chacun pour permettre un ciblage parfait pour les annonceurs.
On est bien loin de la dimension communautaire presque fraternelle des sites type asmallworld ou facebook où un français peut rencontrer un ami chinois en rentrant quelques mots clés. D’après asmallworld, le nombre maximal de degré de relation entre n’importe quel de ses inscrits est de 6. It’s a small world! Le MOCI le sait bien!