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Sommaire :
33.2 Guide du savoir-vivre : un vernis anglais

Monde - Voyages d’affaires
33.2 Guide du savoir-vivre : un vernis anglais
L'addition est lourde, de l'hindouisme qui se veut infiniment respectueux de l'humain avec un code de relation souvent hermétique pour l'Occidental et des siècles d'imprégnation britannique. Tout se joue dans la réserve : on ne serrera la main qu'à la condition qu'elle vous soit présentée, sinon, une inclination de la tête, avec ou non les mains jointes sous le menton (en veillant à ne pas singer les coutumes) suffisent à saluer. Le pied a son importance : évitez à tout prix d'effleurer du pied votre interlocuteur : c'est aussi insultant que d'aider une femme à porter une charge, de lui céder sa place ou de l'aider à descendre. En revanche, toucher le pied de son interlocuteur est considéré comme une marque de respect.
Population. 1,1 milliard d'habitants.
Langues. Deux langues sont officiellement reconnues par la Constitution : l'hindi (pratiqué par 50 % de la population) et l'anglais. Pas moins de 22 autres langues sont déclarées constitutionnelles sans êtres officielles. S'y ajoutent 1 600 dialectes pratiqués dans le pays, parfois au niveau d'une seule tribu. L'anglais est devenu la langue véhiculaire, pratiquée autant par les locuteurs de l'hindi que par ceux du sanskrit, du bengali, du tamoul ou de l'ourdou.
Religions. Si l'hindouisme et le bouddhisme sont originaires d'Inde, seul le premier s'est maintenu, pratiqué aujourd'hui par plus de 80 % de la population. L'islam occupe le deuxième rang avec près de 140 millions de fidèles, ce qui fait de l'Inde le troisième pays musulman du monde. Viennent ensuite les 24 millions de chrétiens - principalement dans le Kerala. Le bouddhisme réapparaît par la conversion des
Dalits (les « intouchables »). Restent le sikhisme (2 % de la population), influent au Penjab et dans le milieu des affaires, le jaïnisme pratiqué au Maharashtra et le zoroastrisme, lui en voie de disparition.
Organisation politique. Deux grands blocs emmenant derrière eux des partis de moindre importance dominent la scène politique. A commencer par le Parti du congrès, fondé en 1885, qui fut celui du mahatma Gandhi et de Nerhu. Parti marqué par l'indépendance de l'Inde, il a emporté la majorité depuis 1947, à quelques exceptions près, notamment entre 1977 et 1980. C'est cette année-là que le Bharatiya Janata Party (BJP, Parti du peuple indien) a pris consistance et s'est posé en véritable challenger. Ces deux grands partis - idéologiquement difficiles à différencier - sont à la tête de coalitions formées avec des partis régionaux de moindre importance et d'obédiences diverses, plus ou moins socialisantes ou plus ou moins nationalistes.
Les grands repères
> Littérature. Pas mal d'auteurs indiens ont émigré. Rohinton Mistry au Canada, auteur incontournable de L'équilibre du monde (Albin Michel). Autre émigré, Vikram Seth avec Deux vies (Albin Michel, 2006). Arundhati Roy est restée en Inde et a signé Le Dieu des petits riens (Gallimard, 1997) et Le Coût de la vie (Gallimard, 1999).
> Musique. Ravi Shankar a fait les riches heures des soixante-huitards. John Mayer, décédé en 2004, a tenté un métissage intelligent des musiques indiennes et occidentales. Ne pas oublier Zubin Metha, chef passé par les plus grands orchestres du monde.
> Cinéma. Il y a Bollywood, certes, et Satyajit Ray (décédé en 1993). Comptent dans la « nouvelle vague » : Sanjay Leela Bhansali (Devdas et Black) et Mira Nair (Salaam Bombay et Un nom pour un autre).
Les journaux à lire
The Times of India et The Hindu : deux grands quotidiens de référence.
The Economic Times : le quotidien de l'économie et des affaires.
[ Le déjeuner ]
L'influence britannique se fait encore sentir : ce repas est expédié rapidement et remplit une fonction de rupture dans la journée plus que roborative.
[Le dîner]
Les invitations au domicile sont plus fréquentes que celles au restaurant. Dans un cas comme dans l'autre, quelques règles sont à observer. Des fleurs offertes à la maîtresse de maison sont bienvenues. Si un cadeau est offert, on ne le déballe pas. Les plats sont servis dans des katoris, des petits bols posés sur un thali, un plateau. Première règle : tous les aliments se prennent avec la main droite. Deuxième règle : si les convives sont nombreux, les plats sont au centre de la table, mais la maîtresse de maison seule remplit les katoris. Ultime règle : on ne se livre à aucun compliment sur les mets servis, pas davantage que sur les enfants de la maison.
[ Les relations ]
Comme partout ailleurs, les femmes ont conquis le monde des affaires. Pour autant, les principes de la société ont passé la porte des entreprises et on s'abstient de serrer la main d'une femme sauf si elle y invite en tendant la sienne. L'acquiescement de la tête est inverse de celui pratiqué en Occident : elle balance de gauche à droite. Si la ponctualité britannique est de mise, elle souffre d'une marge imputable à l'encombrement des villes. Héritage commun de la sociologie du pays et de la présence britannique, la hiérarchie est respectée : la société est pyramidale et l'interlocuteur désigné l'est en fonction du niveau qui vous est attribué.
[ Les sujets qui fâchent ]
La religion et les castes. La religion parce que, si l'hindouisme est largement dominant, il est pratiqué à des degrés divers et qu'un certain syncrétisme s'est imposé dans le pays. Les castes, parce que, même si l'interlocuteur appartient à une caste réputée supérieure, il contreviendrait en le dévoilant à un consensus qui tend à en effacer l'existence du paysage social. Ceci d'autant qu'un dalit (intouchable) a accédé à la présidence en 1997, ce dont on fait un exemple de l'évolution du pays.
Alain Bradfer








