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25.2 Guide du savoir-vivre : élégance vestimentaire et franchise

Monde - Voyages d’affaires
25.2 Guide du savoir-vivre : élégance vestimentaire et franchise
L'hidalgo n'est pas mort. Le sens espagnol de la noblesse se retrouve dans les comportements d'une rigueur qui confine parfois à la raideur. En matière d'élégance, qu'il s'agisse de sa version féminine et plus encore de la masculine, Barcelone ou Madrid rivalisent avec Milan et Paris. Quelle que soit la température, on ne « tombe » pas la veste - sauf à y être invité, ce qui traduit une intimité acquise - pas davantage que l'on ne dénoue la cravate. La franchise s'impose dans les relations : dire « non », se dit comme tel, en l'agrémentant d'un sourire, sachant que dire « merci » se traduit toujours par « oui ». Si le caractère méditerranéen prédispose à l'élasticité des horaires dans les relations, la ponctualité absolue est de mise dans les relations d'affaires.
Population : 45 millions d'habitants.
Langues : le franquisme avait établi le castillan en langue unique et obligatoire de l'Espagne. Sa fin, en 1975, a suscité des statuts d'autonomie et reconnu de ce fait l'usage de langues locales. Le castillan demeure langue officielle, la co-officialité a été reconnue à l'euskarien (basque) et au galicien. Le catalan, parlé par près de 10 millions d'habitants (Catalogne, Baléares et Valence) a passé au statut de langue officielle en 2006.
Religion : le catholicisme continue d'imprégner l'Espagne et s'impose à 80 % de la population. En réaction à cette domination, 17 % des Espagnols revendiquent un athéisme souvent virulent. Deuxième religion du pays avec 1 million de fidèles, l'islam. Protestants et juifs représentent respectivement 150 000 et 15 000 pratiquants.
Organisation politique : deux grands partis dominent la politique espagnole après l'éparpillement qui a suivi la disparition du franquisme. À gauche, le Partido Socialista Obrero Español (PSOE), au pouvoir actuellement avec José Luis Zapatero, a rallié à lui les petites formations sociales-démocrates. Il en est allé de même à droite où le Partido Popular (PP) a absorbé, entre autres, le centre démocratique et social d'Adolfo Suarez. Les élections législatives de 2004 (les prochaines sont prévues en mars prochain) ont vu les deux grands partis s'arroger 80 % des voix, laissant la majorité du solde aux partis basque et catalan d'inspirations nationalistes.
Les grands repères
> Littérature : l'école littéraire catalane est incontestablement la plus riche dans la littérature contemporaine avec Eduardo Mendoza (Une comédie légère, L'artiste des dames, Mauricio ou les élections sentimentales, tous publiés au Seuil).
Autre Catalan ayant émigré aux États-Unis, Carlos Luis Zafón (L'ombre du vent, chez Grasset). Écrivain en castillan : Arturo Pérez Reverte (Le cimetière des bateaux sans nom et Le peintre de batailles, publiés au Seuil).
> Musique : de Falla, Albéniz et Granados, Sarasate et Rodrigo ont trouvé des successeurs avec Federico Mompou et une musique contemporaine (électro-acoustique) avec Alberto Posadas.
> Cinéma : il y a une vie après Luis Buñuel, Carlos Saura et Pedro Almodóvar, nouveau monstre sacré : Agustin Díaz Yanes (Sans nouvelles de Dieu), Alejandro Amenábar (Ouvre les yeux) ou Juan José Bigas Luna (Jamón, Jamón).
Les journaux à lire :
El País, né en 1976 dans l'immédiat post-franquisme, orienté au centre-gauche, s'est imposé comme le quotidien de référence avec ses 600 000 exemplaires. Il est suivi par El Mundo (380 000 exemplaires), de centre-droit.
La presse économique et financière compte deux titres : Expansión (leader dans son domaine) et Cinco Días.
[ Le déjeuner ]
Qu'il soit d'affaires ou privé, il ne se conçoit pas avant 13 h 30 au plus tôt. Il est copieux de nature pour compenser la légèreté du petit-déjeuner.
[ Le dîner ]
Extrêmement tardif au regard des autres pays européens, il se consomme vers 22 heures, généralement après l'heure du paseo, une déambulation dans les rues, vouée à la conversation. Si les invitations à domicile témoignent d'une intimité certaine, on veillera à respecter un « retard » de 15 à 30 minutes sur l'horaire fixé. Deux règles sont à respecter : aussi informel soit-il, on se conformera à la règle de la veste et l'on s'abstiendra d'offrir des fleurs à la maîtresse de maison en leur substituant une boîte de chocolats. Il est impératif d'adresser un carton de remerciements dès le lendemain.
[ Les relations ]
S'il est rigoriste et conformiste dans la tenue et l'étiquette, l'Espagnol peut se montrer méditerranéen dans son comportement social. À savoir qu'il n'est pas indécent de toucher son interlocuteur, de prolonger la poignée de mains, de même que le tutoiement apparaît assez aisément. En revanche, une certaine distance s'impose dans les relations entre les hommes et les femmes.
[ Les sujets qui fâchent ]
La politique reste un sujet extrêmement sensible, quand bien même les derniers souvenirs du franquisme sont plus que trentenaires, au même titre que les nationalismes et bien évidemment la corrida. Les sujets de société seront à aborder avec précaution dans un univers où les initiatives libérales du gouvernement Zapatero (séparation des églises et de l'État, mariage homosexuel) se heurtent à la puissance de l'église catholique.
Alain Bradfer








