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Conjugaison d´un passé britannique et d´un islam renaissant, un certain formalisme est de rigueur. La tenue se doit d´être sobre pour les hommes comme pour les femmes, sans bijoux ostentatoires. On veillera à ne pas croiser les jambes lorsque l´on est assis, cette position exposant les semelles des chaussures, ce qui est considéré comme une insulte. Autre geste à éviter : opposer la paume de la main à son interlocuteur, ce qui reviendrait à le considérer comme une incarnation du diable. Il y a une manière de refuser : on incline légèrement la tête en posant la main droite à hauteur du cœur, signe d´humilité et de regret d´avoir à refuser.
Population : 76,5 millions d´habitants.
Langues : si la langue officielle est l´arabe, celle parlée est un arabe dialectal que l´on retrouve dans la plupart des pays du Proche-Orient, très différent de celui en usage dans les pays du Maghreb. Très pratiqué jusqu´en 1956, le français a cédé le terrain à l´anglais, principalement dans le monde des affaires. Une bourgeoisie cultivée tient encore à son usage. On estime à 40 000 le nombre des élèves fréquentant les écoles françaises ou ayant choisi le français en deuxième langue.
Religions : 92 % de la population relèvent de l´islam sunnite régenté par la mosquée Al Azhar du Caire. Les coptes (chrétiens orthodoxes) forment la deuxième communauté de la population dont ils représentent 8 %. La résurgence d´un fondamentalisme musulman tend à leur créer des difficultés d´existence dans une Égypte à laquelle ils ont donné son nom (Aegyptos, en grec). La communauté juive a quasiment disparu à compter des années 1960.
Organisation politique : au pouvoir depuis 1981, le président Hosni Moubarak a été réélu en 2005 en emportant 88 % des suffrages exprimés. La démocratie n´a longtemps été que très formelle par une constitution verrouillant l´apparition de partis d´opposition. Les réformes de 2005 et de 2007 ont permis d´ouvrir quelque peu le champ politique. Ainsi Hosni Moubarak a-t-il été confronté à des concurrents pour l´élection présidentielle. De même, le Parti national démocratique (PND), resté majoritaire à l´Assemblée du peuple avec 80 % des voix, à dû concéder 20 % à des partis proches de la mouvance fondamentaliste des Frères musulmans.
Les grands repères
Littérature : le plus grand des écrivains est Naguib Mahfouz, prix Nobel en 1988, auteur de fresques balzaciennes de la société égyptienne. Dans une œuvre foisonnante, on retiendra Récits de notre quartier et La chanson des gueux. Gamal Ghitany assure la relève avec Le livre des illuminations (Le Seuil) ou Pyramides (Actes Sud). Alaa El-Assouani, avec L´immeuble Yacoubian (Actes Sud) dresse un portrait sans complaisance de la société cairote contemporaine.
Musique : le chant domine la culture musicale égyptienne. Impossible de faire l´impasse sur Oum Kalsoum qui, plus de trente ans après sa mort, n´en finit pas de faire entendre sa voix de contralto. Dans un registre plus contemporain, on citera Cheikh Ahmed El Sayed, au répertoire très large.
Cinéma : Youssef Chahine domine cet univers. Dernières productions avant son décès en 2008 : Alexandrie-New York et Le chaos. Sont apparus dans la foulée de ce maître : Yusri Nasrallah (Vol d´été et L´aquarium) et Daoud Abdel Sayed (Le voleur de joie en 1994). Quelques noms seulement dans la profusion de réalisateurs qu´abrite la capitale du cinéma arabe.
Les journaux à lire
Le Progrès égyptien, le survivant des deux quotidiens francophones ;
The Egyptian Gazette, un quotidien plus que centenaire, une institution.
[ Le déjeuner ]
Comme dans la plupart des pays méditerranéens, le repas du milieu de journée est relativement léger, entre un petit déjeuner copieux et un dîner qui ne le sera pas moins. La conduite à tenir est à l´avenant : peu formelle.
[ Le dîner ]
C´est le repas le plus important, commençant généralement vers 21 heures, il peut se prolonger jusqu´à minuit. Dès une deuxième rencontre, l´hospitalité arabe prend le dessus et les invitations se font à domicile. Une tenue très « formelle » s´impose, même s´il faut s´attendre à devoir laisser ses chaussures à l´entrée. On veillera à ne jamais resaler les aliments dont on laissera toujours une petite part dans l´assiette, au risque d´être resservi à l´infini. On s´abstiendra d´apporter des fleurs, réservées aux cérémonies funéraires, aux mariages ou aux malades. En revanche, des pâtisseries pour l´hôtesse et une attention pour les enfants sont à prendre en compte.
[ Les relations ]
Tout se joue dans la poignée de main, qui doit être franche et peut se prolonger. Il se peut même que les prises de contact lors de rencontres ultérieures se traduisent par une franche accolade. Une exception s´agissant d´un homme à l´égard d´une femme : il attendra qu´elle lui tende la main. Les conversations s´engagent sur des sujets personnels, relatifs à la famille, qui ne servent que d´entrée en matière. Il faudra toujours s´attendre à un sens aigu de la procrastination, l´une des expressions favorites étant « bokra ! » (demain ! qui s´ajoute aux inévitables « maalech » (cela ne fait rien) ou « mektoub » (c´était écrit), expressions du fatalisme que l´on prête aux Égyptiens. Les discussions seront toujours longues.
[ Les sujets qui fâchent ]
Même si la classe éduquée prend ses distances tant à l´égard du pouvoir politique que religieux, ces deux sujets ne sont à aborder qu´avec d´infinies précautions et après avoir sondé son interlocuteur. S´ils sont prompts à critiquer leur classe politique ou des principes religieux qu´ils estiment surannés, les Égyptiens admettent mal la critique venant d´un étranger, fiers qu´ils sont d´un passé qu´il vaut mieux évoquer avant tout autre sujet.
Alain Bradfer








