Le luthérianisme arrivé d'Allemagne a été accommodé à la sauce danoise, à savoir que le rôle de la femme y est au moins autant aux affaires qu'au foyer. Égalitariste au plan social, le Danemark a développé le principe de la parité sexuelle dans les entreprises où une moitié des cadres sont des femmes. Femmes auxquelles le pays a accordé le droit de vote dès 1915. L'inspiration protestante de la société se retrouve dans une société où le luxe tapageur est très mal jugé. La tenue vestimentaire peut être d'un décontracté discret ou d'un strict costume sombre-cravate, selon l'activité de l'entreprise.
Population : 5,4 millions d'habitants.
Langues : 92 % de la population s'exprime en danois. La multiplication des lois linguistiques propres au pays ou inspirées par l'Union européenne impose de donner un statut à l'allemand, au suédois, au norvégien ou au groenlandais.
Religions. Entre 83 et 85 % de la population relèvent de l'Église du peuple danois, d'inspiration luthérienne. Le reste se partage entre une infime proportion de catholiques (0,5 %), musulmans (d'origine turque pour l'essentiel) et athées.
Organisation politique. Le mode de scrutin, à la proportionnelle, favorise la multiplicité des partis dans des proportions encore raisonnables : il n'y en a guère plus de cinq pour se partager l'essentiel des voix des électeurs. L'empreinte des décennies de la social-démocratie marque encore, à des degrés divers, l'ensemble de l'éventail politique, à l'exclusion évidemment du Parti populaire danois d'extrême-droite (13,9 % aux élections de 2007). C'est ainsi que le parti libéral, qui gouverne en alliance avec le Parti populaire conservateur, s'appelle « Venstre », ce qui se traduit par « gauche ».
Les grands repères
Littérature. Certes, il y eut Hans Christian Andersen et ses contes, le philosophe Søren Kierkegaard et, plus proche de nous, Karen Blixen, décédée en 1962, dont deux romans ont inspiré Out of Africa et Le festin de Babette. Mais aujourd'hui, on lit Jørn Riel pour ses nouvelles « déjantées » (Éditions Gaïa), Svend Aage Madsen pour ses romans fantastiques (chez Gallimard) ou Leif Pedersen, auteur de thrillers politiques remarquables (Éditions Gaïa).
Cinéma. Moins obscur que son homologue suédois, le cinéma danois n'en apparaît pas moins décalé dans la production européenne. Il y eut Carl Dreyer (Gertrud et Jour de colère), avant Gabriel Axel (Le festin de Babette), Billie August (Pelle le Conquérant, Palme d'or à Cannes en 1988) et Lars von Trier (Breaking the waves et Dancer in the dark, Palme d'or à Cannes en 2000).
Musique. Même s'il est partagé entre les nationalités danoise et allemande, Dietrich Buxtehude (Diderik Hansen Buxtehude pour les Danois) fut l'un des maîtres de l'époque baroque, précédant Carl Nielsen pour le romantisme au XIXe siècle. Côté jazz, Niels-Henning Ørsted Pedersen fut l'un des plus grands contrebassistes de la discipline (décédé en 2005).
Les journaux à lire
Le Berlingske Tidende : 152 000 exemplaires, quotidien de centre droit.
Le Dagbladet Information : 21 000 exemplaires, quotidien de référence de l'élite danoise.
Politiken : 143 000 exemplaires, quotidien proche de la mouvance sociale-démocrate, réputé être celui de l'intelligentsia danoise.
Weekendadvisen : 60 000 exemplaires, hebdomadaire de référence culturelle, pour ses analyses en profondeur de la société et de la politique.
[ Le déjeuner ]
Le petit-déjeuner consistant, propre aux pays nordiques, permet de se contenter d'un déjeuner léger. Il est donc expédié rapidement et consiste, dans le meilleur des cas, en un buffet froid ou l'inimitable « smørrebrød », ce sandwich ouvert scandinave qui se consomme avec couteau et fourchette.
[ Le dîner ]
La journée de travail s'achevant vers 17 heures, le dîner se conçoit vers 18 ou 19 heures. L'invitation à domicile, assez courante et conviviale, interdit généralement toute allusion à la vie professionnelle. Le premier verre est souvent accompagné d'un toast porté par le maître de maison. On peut choisir d'y répondre immédiatement ou à l'issue du repas. L'impair à ne pas commettre est de « saucer » son assiette.
[ Les relations ]
Si le Danois peut se montrer chaleureux dès la première poignée de main - elles sont d'usage obligatoire lors des réunions - il n'en montre pas moins une certaine distance lors des relations interpersonnelles. Rien ne peut être plus mal ressenti qu'une main posée sur l'épaule ou une tape amicale sur le bras.
Entre personnes d'un certain âge, il faut se familiariser avec l'usage du nom, suivi du voussoiement. Dans les couches les plus jeunes de la population, l'usage du prénom et du tutoiement se répand.
En tout état de cause, la ponctualité s'impose en maître mot, qu'il s'agisse de l'heure de début ou de fin d'une réunion, comme de l'arrivée à un dîner. Et ce, quelles que soient les conditions atmosphériques.
[ Les sujets qui fâchent ]
La réserve consubstantielle du protestantisme interdit d'aborder la vie personnelle. Mais il est un autre sujet qui ne peut s'aborder qu'avec précaution : l'Europe. Bien que le pays soit membre de l'Union depuis 1973, il n'en demeure pas moins l'un des plus souverainistes, bien plus encore que la Grande-Bretagne. Victime de sa faiblesse démographique, le pays qui fut l'un des conquérants de l'Europe avec les Vikings n'en finit pas de craindre une perte de son image nationale dans ce vaste ensemble.
Alain Bradfer