Guide des 78 destinations d'affaires les plus porteuses

Si les complexes hérités de la colonisation sont à oublier, les idées reçues qui en sont issues le sont tout autant.
Deuxième pays francophone du monde par sa population, l'Algérie n'est pas membre de l'Organisation internationale de la francophonie, quand bien même le président Bouteflika se rende à ses réunions à titre personnel. L'histoire et le passé s'y conjuguent selon une syntaxe compliquée, la passé « socialiste » de la nation n'étant pas totalement abdiqué. Le présent algérien s'y conçoit comme celui d'une nation émancipée dont les amarres coloniales ont été larguées depuis près d'un demi-siècle. Les affinités culturelles électives apparaissent au cas par cas, soumises à appréciation subtile
Population : 33,8 millions d'habitants.
Langues : l'arabe classique est la langue officielle, avec le berbère (le tamazight) reconnu langue nationale en 2002. Toutefois, on estime à 70 % la part de la population s'exprimant en arabe algérien, le darija. Cette langue courante, que l'on nomme également
wattani ou maghribi, comporte des emprunts au berbère, au turc, à l'espagnol et au français. L'arabe classique - seul enseigné - reste l'apanage des couches les plus éduquées.
Religions : l'islam sunnite est religion d'État et celle de 99 % de la population. Mais la Constitution algérienne reconnaît la liberté des cultes, à charge pour le ministère des Cultes d'en assurer la protection et la rémunération des imams, rabbins et prêtres. Si l'enseignement de la charia (les lois de l'islam) est obligatoire dans le réseau secondaire, les autorités veillent au contenu pour éviter toute dérive extrémiste.
Organisation politique : le paysage politique algérien fut longtemps un héritage de la guerre d'indépendance. Selon la Constitution de 1963, « Le FLN est le parti unique d'avant-garde en Algérie ». Le multipartisme a fait son apparition en 1988. S'il a perdu le monopole de l'exercice du pouvoir, le FLN demeure un élément essentiel de la vie politique avec 136 sièges sur les 389 de l'Assemblée nationale populaire. Il gouverne en alliance avec le Rassemblement national démocratique (RND, créé en 1997) lié aux milieux d'affaires. Troisième parti en importance de sièges, le mouvement de la société pour la paix de Bouguerra Soltani représente la bourgeoisie conservatrice. Bien que très minoritaire, on ne peut faire l'impasse sur le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), de forte implantation kabyle et laïque
Les grands repères
Littérature : Yasmina Khadra signe Morituri en 1997, hommage aux femmes algériennes. Il se révélera sous son vrai patronyme, Mohammed Moulessehoul, en 2001 avec L'Écrivain suivi de L'imposture des mots.
Tout récemment publié chez Julliard, Les sirènes de Bagdad. N'oublions pas les grands classiques : Jean Amrouche, Mohammed Dib et Kateb Yacine. Salim Bachi, devenu parisien, a publié Le chien d'Ulysse et Tuez-les tous chez Gallimard.
Musique : le chaâbi, musique populaire, est né à Alger au début du siècle dernier. Il a été suivi du raï dans les années 1930. Vedettes consacrées : Cheb Khaled et Cheb Mami, mais, à Oran, mieux vaut citer Ahmed Wahby ou Cheikha Rimitti.
Cinéma : certes, il y eut Mohamed Lakhdar-Hamina (Le vent des Aurès) en 1966. Une nouvelle génération pousse avec notamment Hassen Ferhani (Les baies d'Alger) ou Amina Bachir-Chouikh (Rachida).
Les journaux à lire
Le Quotidien d'Oran : 195 000 exemplaires, considéré comme le quotidien de référence.
El Watan : 140 000 exemplaires, un généraliste de bonne facture.
Le Financier : 97 000 exemplaires, un quotidien, passage obligé pour le monde des affaires.
[ Le déjeuner ]
Le petit-déjeuner, varié dans son offre, permet un déjeuner frugal qui s'expédie en deux boulettes de viandes et trois légumes frais. Sans autre rituel. Le déjeuner, qu'il soit de travail ou amical, relève de la sustentation entre les deux repas principaux des extrêmes de la journée.
[ Le dîner ]
L'invitation au domicile n'est pas rare. Première obligation : accepter le thé ou le café qui est offert. L'attention apportée à la maîtresse de maison, puissance invitante, se traduira par le cadeau d'un parfum ou d'un objet de facture occidentale plutôt que par des fleurs. En observant la pratique du maître de maison ou des autres invités, on se déchaussera dès l'entrée. À table, le « bon appétit » d'usage en France se traduit par un obligatoire « bismallah ». Si des photos sont prises au cours du dîner, il est impératif de les envoyer.
[ Les relations ]
Si les relations avec une femme imposent certaines réserves - on le lui serrera la main qu'à la condition qu'elle vous la tende - elles sont plus franches et cordiales entre hommes. Elles peuvent même être empreintes d'une certaine chaleur, la poignée de mains pouvant s'accompagner d'une accolade à la deuxième rencontre. En revanche, le principe de la négociation, très présent dans d'autres pays du Maghreb, est moins sensible ici. Héritage du socialisme « réel » qui a eu cours après l'Indépendance, un principe est unprincipe et un prix, un prix.
[ Les sujets qui fâchent ]
Même si la société s'est laïcisée, l'islam demeure religion d'État, quel que soit son degré de pratique. Si la pression des extrémistes du FIS concerne les couches les moins favorisées de la population, son écho parvient aux plus aisées. Enfin, si les philosophes des Lumières y sont mieux connus que dans la France contemporaine, il est malséant de tenter d'imposer l'idée selon laquelle la France de Jules Ferry y a apporté la pensée. Saint-Augustin était algérien, au même titre qu'Albert Camus.
Alain Bradfer








