Guide des 78 destinations d'affaires les plus porteuses

Le confucianisme et les traditions occidentales se mêlent étroitement dans un syncrétisme qui touche aux relations. Ainsi se salue-t-on d´une brève inclinaison de la tête suivie d´une poignée de main.
Encore convient-il d´attendre que la main vous soit tendue. Une hiérarchie sociale très stricte se double de celle de l´âge : la personne de rang inférieur ou plus jeune doit être la première à incliner la tête face à celle qu´elle estime de rang supérieur ou son aîné.
En quittant une réunion, chaque personne doit être saluée individuellement d´une inclinaison de tête. Si la ponctualité est de rigueur pour les réunions de travail, on tolère une demi-heure de retard pour une rencontre informelle.
Population : 49 millions d´habitants.
Langues : le pays présente une cohésion presque parfaite, 99 % de la population s´exprimant en coréen, dans sa version dialectale de Séoul. L´anglais est enseigné au même titre que le coréen, ce qui en fait une seconde langue officieuse.
Religions : la carte religieuse de la Corée est d´une extrême complexité, tant les confessions sont à la fois bien établies et se confondent parfois dans un étrange syncrétisme. Le bouddhisme est revendiqué par 46 % de la population, le protestantisme (d´inspiration presbytérienne) s´arrogeant 39 % et le catholicisme, 13 %.
Autant de religions affichées et très diversement pratiquées, toutes dominées par des emprunts au confucianisme (1 % de la population). Ceci, sans compter avec le chamanisme représenté par 40 000 mudang (chamans) officiels et 100 000 en réalité, perpétuant, par delà les cultes institués, la tradition religieuse coréenne.
Organisation politique : la fin des dictatures, qui se sont succédé depuis 1960 jusqu´en 1988, s´est traduite par une grande confusion de la carte politique. De scissions en recompositions, six partis constituent l´essentiel des forces en présence à la Chambre basse (équivalent de notre Assemblée nationale).
Toutes se situent dans une mouvance allant du centre-gauche au centre-droit. Lee Myung-bak, issu du Grand National Party (GNP, conservateur libéral), a été élu à la présidence en 2007, succédant à Roh Moo-hyun qui s´est suicidé au début 2009 après avoir été soupçonné de corruption. Le GNP occupe l´espace à droite avec le PPA (People First Party), laissant le centre-gauche partagée entre les vestiges du parti URI de Roh Moo-hyun, le Parti démocratique du travail et le Parti démocratique.
Les grands repères
Littérature : deux écrivains contemporains se détachent et connaissent une carrière internationale : Sok-Yong Hwang (L´Invité et Terres étrangères, chez Zulma) et Lee Seung-U (La vie rêvée des plantes et L´envers de la vie, chez Zulma).
Musique : côté composition, on citera Isang Yun qui a réalisé sa carrière en Allemagne, lié aux avant-gardes européennes. Mais la Corée s´est fait connaître en France depuis 1989 par Myung-Whun Chung, successivement directeur musical de l´Opéra de Paris et directeur musical de l´Orchestre philharmonique de Radio France.
Cinéma : la production est riche, avec des réalisateurs tels Chang-dong Lee (Peppermint Candy et Secret Sunshine qui ont rencontré un succès au festival de Cannes), Kim Ki-duk (Crocodile), Hong Sang-soo (Le jour où le cochon est tombé dans le puits) ou An Byung-ki dans la nouvelle génération.
Les journaux à lire :
> Hankook Ilbo (1,9 million d´exemplaires) : de tendance politique « neutre », le plus important des quotidiens.
> Hankyoreh (600 000 exemplaires) : l´un des très rares quotidiens de gauche, partisan de la réunification des deux Corée.
[ Le déjeuner ]
Deux options peuvent se présenter. Ou il s´agit d´un déjeuner banal expédié dans l´heure sans autre formalité. Ou il peut s´agir d´un déjeuner auquel on tient à attacher des marques tangibles de relations d´affaires. On se trouve alors dans le cas de figure français : un vrai repas susceptible de s´éterniser et respectant toutes les formes protocolaires.
[ Le dîner ]
C´est le repas le plus important de la journée – commençant entre 19 et 21 heures. Il tient d´un véritable rituel. Dans l´hypothèse d´une invitation à domicile, le premier des actes consiste à se défaire de ses chaussures que l´on pose à l´entrée en dirigeant la pointe vers la sortie. Il s´ensuivra de multiples toasts au cours du repas, sachant que soutenir la main droite qui porte le verre, soutenue par la main gauche sous le coude est signe de profond respect à l´endroit de la personne à laquelle on s´adresse. Il est bon de savoir aussi que la Corée figure en tête des pays consommateurs d´alcool dans le monde. Si l´on veut s´abstenir d´en consommer, il est bon d´invoquer un motif religieux.
[ Les relations ]
Dans le monde des affaires, la tenue « conservative » pour le dire en anglais est de rigueur : c´est-à-dire costume sombre et chemise blanche pour les hommes, tailleur ou robe pour les femmes. On ne s´étonnera pas d´être interrogé sur son niveau d´études, sa situation familiale ou ses revenus : il ne s´agit que de connaître intimement son interlocuteur et de rechercher des dénominateurs communs. Si l´on refuse de répondre à ces questions, il s´impose de les éluder poliment en déviant la conversation. Dans le même esprit, on veillera à ne poser des questions que dans un sens positif.
[ Les sujets qui fâchent ]
Les Coréens revendiquent une culture qui leur est propre. Le premier des impairs consisterait donc à les assimiler à l´ensemble asiatique. La politique est un sujet à bannir, qu´il s´agisse d´allusions à la guerre des années 1950, au paysage politique contemporain ou aux religions ; ainsi que toute discussion sur le socialisme ou le communisme. L´on s´abstiendra de parler de l´épouse de son hôte ou de sujets familiaux.
Alain Bradfer








