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Indépendants de tempérament, les Canadiens n´ont pas l´obsession de l´argent propre à leurs voisins américains : la société y est plus égalitaire qu´aux États-Unis, sans que le problème de l´extrême pauvreté y ait été résolu. Le Canadien est plus réservé que l´Étasunien, tout en étant plus « libéral », ayant aboli la peine de mort, admettant le mariage homosexuel et l´avortement. Les milieux progressistes canadiens estiment toutefois que rien n´est acquis, la puissance conservatrice actuellement au pouvoir rognant la charte des droits et libertés de la personne.
Population : 33,4 millions d´habitants.
Langues : 60 % de la population est anglophone, tandis que les francophones en représentent 23 %. Dans ce pays à forte immigration, les 17 % restant se partagent entre l´allemand, le chinois et les langues autochtones au nombre d´une cinquantaine. Le bilinguisme franco-anglais est principalement le fait des francophones. Selon les statistiques, 9 % des anglophones sont réellement bilingues contre 41 % de francophones.
Religions : Les vagues d´immigration successives – et qui ne se tarissent pas – ont modelé et remodèlent aujourd´hui encore le paysage religieux du pays. Catholique à 43 %, cette population s´est accrue au détriment du protestantisme en général, quoique ses chapelles connaissent des sorts divergents. Les églises presbytérienne, luthérienne, unie du Canada ou anglicane du Canada connaissent depuis dix ans des reculs allant de 35 % pour la première à 8 % pour les autres. À l´inverse, l´église baptiste connaît une nette progression au même titre que l´orthodoxie, l´islam, l´hindouisme et le bouddhisme qui n´en demeurent pas moins aux marges de la société canadienne. Particularité de la Colombie-Britannique, 35 % de ses ressortissants ne se revendiquent d´aucune religion.
Organisation politique : Héritier direct de la couronne britannique, le Canada a importé deux conceptions de la politique plus ou moins cousines desquelles il ressort de le Parti conservateur est dans la ligne de son homologue britannique, tandis que le Parti libéral intègre à la fois les doctrines des partis travailliste et libéral-démocrate d´Angleterre. Partis de gouvernement, institués comme tels, ils alternent au pouvoir avec des majorités plus ou moins restreintes. C´est ainsi que le conservateur Stephen Harper gouverne actuellement avec l´appui ponctuel des libéraux.
Les grands repères
Littérature : Margaret Atwood, écrivaine s´attachant à évoquer des thèmes propres à la société canadienne (« Le fiasco du labrador », publié en 2009 chez Robert Laffont) ; Mordecaï Richler («Gursky », chez Calmann-Levy, et « Joshua », chez Buchet-Chastel).
Musique : Le pianiste Glen Gould (interprète notamment d´une intégrale de Chopin) est une figure nationale au même titre que la cantatrice Maureen Forrester. Ne pas oublier qu´Oscar Peterson était canadien !
Cinéma : Deux grands noms : David Cronenberg et Atom Egoyan. On citera aussi Paul Almond («Isabel », son premier film tourné en 1968).
Les journaux à lire
« The Globe and Mail » : édité à Toronto, diffusé à 320 000 exemplaires, c´est le quotidien anglophone de référence.
« The Toronto Star » : un quotidien généraliste (400 000 exemplaires), classé de centre-gauche.
« National Post » : conservateur, ce quotidien est tiré à 200 000 exemplaires.
Le déjeuner
Le protocole des invitations avec des membres du gouvernement ou ses représentants est très strict : ils ne peuvent accepter en aucun cas une invitation à déjeuner ou à dîner et l´addition se règle au « chacun pour soi ». S´agissant de relations privées, la puissance invitante règle l´addition augmentée de 15 % de service et de pourboire.
Le dîner
Il ne faut pas être surpris d´être invité à dîner à 19 heures, en respectant l´heure au quart d´heure près. On apportera une bouteille de vin à l´hôte et des fleurs – en s´interdisant les lys, réservés aux funérailles – à l´hôtesse. La conduite à tenir à table est moins rigide que celle en vigueur en Grande-Bretagne. Si l´hôte porte un toast en cours de repas, il est d´usage de lui répondre en fin de dîner.
Les relations
Une poignée de main franche mais brève, les yeux dans ceux de votre interlocuteur, et un sourire : un compromis entre la froide rigueur britannique et la jovialité américaine. La ponctualité dans les rendez-vous et fondamentale. Si l´on peut se permettre une anecdote comme entrée en matière devant un auditoire, on ne maniera l´humour qu´avec circonspection. Fréquent entre hommes d´affaires, l´usage du prénom ne sera admis qu´après y avoir été invité.
Les sujets à éviter
Le premier des impairs à ne pas commettre au Canada anglais consisterait à assimiler les Canadiens aux Américains. On évitera d´évoquer la surexploitation des ressources naturelles, la chasse aux phoques, l´opposition du pays aux interdictions de l´amiante et le sort des populations autochtones. Deux débats sont en cours et divisent la population. Celui sur la suppression du registre des armes à feu et l´autre, relatif aux « accommodements raisonnables », une particularité canadienne autorisant des dérogations au droit du travail à l´origine, étendue à d´autres domaines de la vie sociale, y compris la laïcité.
Alain Bradfer








