Guide des 78 destinations d'affaires les plus porteuses

Héritage de l´orthodoxie, la société est patriarcale, hiérarchisée avec une primauté donnée à l´âge. L´histoire même du pays complique singulièrement son approche culturelle. De type slave à Sofia, les comportements adoptent des formes plus méditerranéennes dans la plaine de Thrace (Plovdiv) voisine de la Grèce et de la Turquie. Constante de ce pays, quelle que soit la région, un sentiment d´identité et de fierté nationale très puissant.
Population : 7,6 millions d´habitants.
Langues : 80 % de la population s´exprime en bulgare, langue recourant à l´alphabet cyrillique, très proche du macédonien et cousine du serbe, du croate et du bosniaque. Les Bulgares tirent une fierté du fait que leur langue fut la première de la famille slave à avoir été écrite au ixe siècle en alphabet glagolitique. Autre langue en usage, le turc, parlé par 10 % de la population. Son usage a été interdit au cours de la période communiste, les turcophones ayant même été contraints de « bulgariser » leurs patronymes. La constitution de 1991 leur a accordé une reconnaissance pleine et entière et rendu leurs droits. La langue française, qui fut très en vogue, régresse au profit de l´anglais.
Religions : 84% de la population se revendique de l´orthodoxie, 10 % étant musulmane, partagée entre Turcs et Bulgares de souche convertis (les Pomaques). La part des catholiques est réduite à un peu moins de 5 %. La communauté juive (ashkénaze à Sofia, sépharade à Plovdiv et dans la plaine de Thrace), pour être infiniment minoritaire, n´en démontre pas moins une réelle activité.
Organisation politique : Le paysage politique bulgare est mouvant au point de devenir difficile à appréhender, les partis apparaissant ou disparaissant au gré des élections. Celles de juillet 2009 ont vu la Coalition pour la Bulgarie (socialiste) au pouvoir perdre la moitié de ses sièges et le raz-de-marée du GERB (centre-droit) fondé par Boyko Borissov, ancien maire de Sofia, devenu Premier ministre avec le soutien parlementaire du parti Ataka (extrême droite), de la Coalition bleue et d´Ordre, Légalité, Justice (tous deux de centre-droit). L´opposition est représentée par la Coalition pour la Bulgarie et le Mouvement des droits et libertés (représentant la minorité turque).
Les grands repères
Littérature : Yordan Raditchkov, décédé en 2004 est l´un des écrivains de référence (« Souvenirs de chevaux », édité chez Fata Morgana ; « Le chapeau melon », chez Asiathèque) ; Stanislav Statiev, dramaturge et écrivain décédé en 2000 («La vie bien qu´elle soit courte » suivi de « Le Bus » chez Actes Sud-Papiers) ; Angel Wagenstein («Abraham le poivrot » et « Adieu Shanghai », à l´Esprit des péninsules).
Musique : Deux compositeurs et interprètes, natifs de Sofia, ont pris la nationalité française : André Boucourechliev et Alexis Weissenberg.
Cinéma : On citera Angel Wagenstein, par ailleurs écrivain ; un jeune réalisateur très prometteur, présent au Festival de Cannes : Kamen Kalev («Pièces de l´Est »).
Les journaux à lire
« Dnevnik » : 30 000 exemplaires, considéré comme le quotidien bulgare de référence.
« Kapital » : hebdomadaire diffusé à 30 000 exemplaires. Consacré à l´économie l´origine, il est devenu généraliste.
Le déjeuner
Le repas de mi-journée, complet, mais sans les excès que l´on peut constater parfois en France, laisse le temps aux discussions d´affaires.
Le dîner
Il ne se conçoit pas avant 20 heures. Dans l´hypothèse – assez fréquente – d´une invitation à domicile, les règles de conduite sont comparables à celles en usage en France. Il est d´usage d´insister pour que la personne la plus âgée soit servie en priorité. Il est de bon ton de se resservir, rendant ainsi hommage à la cuisine. C´est pour cette raison que l´on veillera à se servir modérément la première fois. De même, les verres étant remplis dès qu´ils sont vides, il convient d´y laisser une gorgée si l´on veut modérer la consommation. Les fleurs s´offrent en nombre impair, en s´interdisant les lys et les glaïeuls réservés aux funérailles.
Les relations
Costume-cravate pour les hommes, tailleur pour les femmes, une poignée de main ferme et franche, un regard droit dans les yeux : c´est la règle absolue pour les premières rencontres. Il est conseillé de faire usage de son titre universitaire, si votre interlocuteur peut s´en prévaloir. Sans quoi on fait précéder le nom de « Gospodin » pour les hommes et « Gospozha » pour les femmes. Sachant que l´usage du prénom est réservé aux proches ou à la famille. Votre partenaire bulgare prendra l´initiative du recours au prénom. Enfin, surprenant, il faut s´habituer à l´inversion des signes de tête pour dire oui ou non.
Les sujets à éviter
La politique d´abord. L´échiquier est à ce point compliqué et mouvant que s´y aventurer mène à l´inévitable incident. La période post-communiste s´est traduite par une relative anarchie dans les structures étatiques entraînant à la fois des inégalités criantes et une corruption contre laquelle l´Union européenne tente de lutter à coups de rappels à l´ordre.
Alain Bradfer








