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Sommaire :
10.2 Guide du savoir-vivre : ne dites jamais non

Monde - Voyages d’affaires
10.2 Guide du savoir-vivre : ne dites jamais non
Les Brésiliens ont une conscience aiguë de la dimension de leur pays et du poids de son histoire à l'échelle du continent américain. Il est donc déplacé d'utiliser le mot « Américains » pour désigner les États-Uniens. On s'entend répliquer invariablement : « Nous sommes aussi des Américains. » Seuls lusophones sur un demi-continent hispanophone, les Brésiliens vivent mal l'usage qui pourrait être fait de l'espagnol pour leur adresser la parole : autant que les Portugais, il tiennent au distinguo.
Population. 178 millions d'habitants.
Langues. Si 95 % de la population s'exprime en portugais, un article de la Constitution de 1988 révisé en 1994 a dû en instaurer l'usage officiel. En effet, pas moins de 170 langues minoritaires ont cours dans ce pays qui couvre presque la moitié du continent sud-américain. Toutefois, ce portugais officiel s'est métissé de mots empruntés aux langues indiennes ou africaines, le yorouba en particulier, ceci sans compter l'influence de l'anglais importé des États-Unis.
Religions. Terre latino-américaine catholique s'il en fut, le Brésil est en pleine mutation. En vingt ans, la part des catholiques romains est passée de 90 à 75 % de la population croyante, tandis que celle des églises évangéliques est passée de 6 à 15 %. La spiritisme, dont la pratique n'est pas exclusive de l'appartenance aux deux grandes confessions, a vu doubler le nombre de ses adeptes, qui n'en restent pas moins une infime partie de la population. L'athéisme, lui aussi est en progrès, passant au cours de ces vingt ans de 2 à plus de 7 %.
Organisation. L'évolution politique de Luiz Inácio « Lula » da Silva, réélu à la présidence avec plus de 60 % des voix en 2006, a brouillé l'échiquier politique. Venu de la gauche intransigeante du PT (Parti des travailleurs), le président a recentré sa doctrine au point d'avoir trouvé le soutien du PMDB (Parti du mouvement démocratique du Brésil) de tendance libérale. Son opposition est aussi composite que sa majorité, comptant notamment le PSDB (Parti de la social-démocratie brésilienne), le DEM (les démocrates, libéraux) et le PSoL (Parti socialisme et liberté), plus ouvertement à gauche. S'il dispose d'une Chambre des députés qui lui donne sa majorité, l'opposition s'exprime plus clairement au Sénat.
Les grands repères
> Littérature. Le Brésil ne fera jamais son deuil de l'immense écrivain que fut Jorge Amado, disparu en 2001. On notera que Chico Buarque se veut écrivain de thrillers en plus d'être musicien (Embrouille, en 1991, Court circuit, en 1995 et Budapest, en 2003, édités chez Gallimard).
> Musique. Dans le registre classique, Heitor Villa-Lobos dont les Bachianas Brasileiras portent une ombre à une œuvre orchestrale bien plus importante. On étonnera son interlocuteur brésilien en évoquant Ernest Nazareth, compositeur du début du xxe siècle, d'un classicisme teinté de musique locale.
> Cinéma. Fernando Meirelles a mis en scène une adaptation de L'aveuglement, chef-d'œuvre de l'écrivain portugais Jose Saramago, prix Nobel de littérature. Walter Salles a réalisé Linha de Passe en 2008.
Les journaux à lire
Jornal do Brasil, quotidien de l'élite du sud de Rio.
O Globo, quotidien national généraliste diffusé à 500 000 exemplaires.
Folha de São Paulo, le plus grand quotidien avec un tirage estimé à 1 million d'exemplaires.
Valor Econômico, quotidien voué à l'information économique et financière.
[ Le déjeuner ]
On ne peut parler ici de « pause déjeuner ». Ce repas est le plus important de la journée et on lui consacre le temps nécessaire, à l'instar des habitudes françaises. Plats de base, le riz et les fèves se voient substituer les pâtes le jeudi.
[ Le dîner ]
Les usages varient considérablement selon la région du pays. Si l'on invite volontiers à domicile à Rio ou São Paulo, les dîners de relations d'affaires se pratiquent davantage au restaurant dans le Minas Gerais en raison du caractère plus réservé de la population. Les fleurs s'imposent pour la maîtresse de maison et la bouteille de vin pour l'hôte. En revanche, on s'abstiendra d'offrir des fleurs à une femme ayant une activité professionnelle : elle se considère à l'égal d'un homme, sans autres égards dus à la féminité.
[ Les relations ]
La froide poignée de main n'a pas cours, non plus que l'usage du nom auquel on substitue très vite le prénom, de même que le tutoiement suit rapidement le vouvoiement. On ne sera pas surpris du recours à la troisième personne dans la conversation, voie médiane trouvée entre « vous » trop formel et le « tu » provisoirement trop familier. Rien ne doit troubler la béatitude dans laquelle les relations humaines se doivent de baigner, fut-ce au prix d'une certaine hypocrisie. On préférera une réponse dilatoire accompagnée d'un sourire plutôt que de s'opposer avec franchise.
[ Les sujets qui fâchent ]
Rien de ce qui peut attenter à la fierté nationale ne doit être évoqué. Pas davantage l'état du réseau routier que les doutes que pourrait susciter le « plan éthanol » lancé par le président Lula. A proscrire a fortiori, toute allusion à la corruption ou aux scandales politiques, même si les journaux en font état et alimentent le commun des conversations.
Alain Bradfer








