Guide des 78 destinations d'affaires les plus porteuses

Le plus méridional des pays d´obédience germanique affiche un conservatisme – sans rapport direct avec la politique – qui s´accompagne souvent d´un certain formalisme.
Les titres se respectent et une femme épouse celui de son mari. Que l´on soit à Vienne ou dans le plus reculé des Länder, on s´habille pour aller au théâtre ou au concert, en s´accordant toutefois un léger laisser-aller pour un dîner au restaurant. Tout se joue dans le registre chic et sobre. L´élégance, mais sans ostentation.
Population : 8,3 millions d´habitants.
Langues : 98 % de la population s´expriment en allemand, les 2 % restant représentant les locuteurs de slovène, en Carinthie, et de croate ou de hongrois, dans le Bürgenland. L´allemand classique ou Hochdeutsch souffre de quelques aménagements locaux qui sont autant d´austrianismes. Le « Guten Tag » allemand se dit ici « Grüss Gott » et « Danke schön » se traduit en « Vergelt´s Gott ». Un ami se salue par « Servus ».
Religions : le catholicisme concerne 75 % de la population, au même titre que dans l´Allemagne du Sud. Il est toutefois traversé par des courants contestataires très actifs tel Wir sind Kirche (Nous sommes l´Église) que le Vatican tente de reprendre en main, au mépris d´une volonté profonde de la population, favorable à une évolution des dogmes. Les communautés luthérienne et juive se partagent 7 % du monde croyant.
Organisation politique : deux partis – le SPÖ, social-démocrate, et l´ÖVP, chrétien-démocrate – ont dominé largement la vie politique autrichienne jusqu´en 2000, année qui a vu surgir à des scores inconnus jusqu´alors le FPÖ (parti libéral) emmené par le leader populiste Jorg Haider, récemment décédé. À de rares exceptions près, l´Autriche n´a jamais connu l´alternance, les deux grands partis traditionnels gouvernant en « grande coalition ». Au nombre de ces exceptions, on notera une alliance du SPÖ avec les libéraux pendant trois ans et celle de l´ÖVP avec le FPÖ en 2000, qui fit couler beaucoup d´encre. Le gouvernement actuel renoue avec la tradition de la coalition des deux grands partis traditionnels, talonnés aux dernières législatives par les populistes du FPÖ.
Les grands repères
Littérature : modeste en taille et en population, le pays a produit d´immenses auteurs : Thomas Mann, Arthur Schnitzler, Hugo von Hofmannsthal, Robert Musil, Josef Roth ou Stefan Zweig. Parmi les contemporains, on citera Peter Handke (toute son œuvre a été traduite chez Gallimard), Elfried Jelinek (prix Nobel de littérature) et Thomas Bernhardt (pour son œuvre théâtrale). Tous trois sont des critiques acerbes de la société autrichienne.
Musique : la patrie de Joseph Haydn, de Mozart, de Schubert et d´Anton Bruckner a aussi donné naissance à Gustav Mahler.?Celui-ci s´est situé à la cheville de la musique sérielle et du dodécaphonisme – fondements de l´écriture contemporaine – incarnée par Alban Berg, Arnold Schönberg ou Anton Webern.
Cinéma : Michael Haneke (La Pianiste et Funny Games US), Hubert Sauper (Le cauchemar de Darwin), Stefan Ruzowitzky (Les faussaires). La vague expérimentale et d´avant-garde est représentée par Peter Kubelka et Peter Tscherkassky.
Les journaux à lire
Die Presse : le quotidien de référence classé au centre-droit (74 000 exemplaires).
Der Standard : concurrent direct de Die Presse, quotidien de centre-gauche (70 000 exemplaires).
Kronen Zeitung : quotidien populaire, proche du SPÖ (1 million d´exemplaires).
Trend : mensuel économique de qualité moyenne (200 000 exemplaires).
[ Le déjeuner ]
L´imprégnation méridionale fait que les petits-déjeuners y sont moins généreux qu´en Allemagne, rendant ainsi une véritable fonction au déjeuner qui devient un vrai repas. S´il ne s´agit pas d´un repas d´affaires, on choisira une de ces Wiener Beisel qui tiennent de l´auberge. Le calme d´une Gasthaus est indiqué pour un déjeuner de travail.
[ Le dîner ]
Les invitations à domicile témoignent en général d´une amitié conquise. Quel que soit le cas de figure, une relative ponctualité (souffrant une marge de cinq minutes) est admise. S´il s´agit de relations de fraîche date, on veillera à une tenue « habillée ». Alors que ce n´est pas d´usage en France, on entame toujours un repas par un « Guten Appetit ». Si l´on offre des fleurs à la maîtresse de maison, on veillera toujours à en ôter l´emballage avant d´en faire le geste. S´il s´agit de parler d´affaires, il faut en laisser l´initiative à l´hôte. La carte de remerciements adressée le lendemain est une obligation.
[ Les relations ]
Une poignée de main franche, mais brève et le regard dans les yeux de son interlocuteur : c´est une règle incontournable. Les présentations sont plus empreintes de cérémonie qu´en France, ne serait-ce que par le respect des titres, à l´instar de l´Allemagne : un universitaire se présentera en précisant « Doktor ». Le prénom étant considéré comme une familiarité, il n´en est pas fait usage dans la présentation. On veillera à conserver une certaine distance à l´égard des personnes, en évitant de les toucher, ce qui est considéré comme une marque d´agressivité.
[ Les sujets qui fâchent ]
La politique avant toute chose. Le monde politique autrichien étant divisé en trois factions d´égale importance, étant appelées à devoir parfois gouverner ensemble, tout débat est périlleux, à moins de connaître parfaitement les opinions de son interlocuteur. La religion, ensuite, malgré un catholicisme dominant, les lignes de fracture sont très sensibles. La question juive enfin, qui n´a jamais été vraiment résolue dans ce pays qui comptait 200 000 juifs avant la guerre et guère plus de 8 000 aujourd´hui.
Alain Bradfer








