Guide des 78 destinations d'affaires les plus porteuses

Il est devenu difficile depuis quelques décennies de déterminer ce que peut être le modèle culturel australien. L'héritage des colons britanniques se maintient avec les pubs et leurs bières, l'uniforme des lycéens et le cricket aux règles inabordables pour un non-britannique. Pour le reste, les vagues d'immigrants venus d'Europe continentale et d'Asie ont suscité un brassage multiculturel fortement teinté d'usages importés des États-Unis, à commencer par l'inévitable barbecue dominical. Si le monde des affaires conserve une empreinte anglaise, elle s'est considérablement décolorée sous l'effet d'un climat plus accommodant que celui de Londres.
Population : 20,4 millions d'habitants.
Langues. Très discutée depuis plusieurs années, la politique de l' « Australie blanche » menée depuis la colonisation entamée au 18ème siècle a réussi au-delà de toutes les espérances : 95 % de la population est anglophone. L'assimilation qui se veut aujourd'hui une intégration a fondu dans une même langue, parfois approximative, les 200 autres émanant des dialectes aborigènes - dont le kriol, un créole à base anglaise - et celle apportées par les migrants venus d'Asie ou d'Europe. Parmi les langues immigrantes qui se soient quelque peu maintenues, l'italien domine avec de surprenantes tournures anglicisées.
Religions. Une solide souche britannique et d'incessantes vagues d'immigration font cohabiter de multiples facettes de l'univers chrétien auxquelles s'ajoutent le bouddhisme et l'islam, sans compter les croyances propres aux Aborigènes. Si 20 % d'Australiens se déclarent athées, les catholiques et les anglicans sont à égalité à 26 % de la population, les autres confessions de la mouvance protestante revendiquant un peu plus de 24 %. La somme des autres religions (islam, bouddhisme et judaïsme) représente quelque 5 %. Ceci dans un État officiellement laïque.
Organisation politique. Trois partis dominent la vie politique australienne. Deux de centre droit, le Parti libéral et le Parti national sont rompus à la coexistence lorsque l'électorat porte la droite au pouvoir. Cela, en alternance avec le Parti travailliste (ALP), seul au pouvoir depuis décembre 2007. À l'exception des verts, en progression sensible au Sénat lors des dernières élections, les autres petits partis se contentent de jouer des rôles de figurants sans même pouvoir arbitrer la partie entre les deux grandes factions de droite et de gauche.
Les grands repères
Littérature : il y eut un prix Nobel, Patrick White (L'oeil du cyclone, chez Gallimard), décédé en 1990. La relève est assurée par Thomas Keneally (La liste de Schindler), Colleen McCullougs (Les oiseaux se cachent pour mourir). Plus contemporains, on citera Richard Flanagan (La fureur et l'ennui, chez Belfond) et Peter Carey (Ma vie d'imposteur, chez Plon, Haut vol : histoire d'amour, chez Christian Bourgois).
Musique : bien que né aux États-Unis, Charles Mackerras est l'un des plus grands chefs australiens, avec une carrière qui l'a fait passer par l'Opéra de Paris en 1973 avant de rejoindre l'orchestre philharmonique de Prague. Autre vedette, John Christopher Williams, guitariste classique, élève d'Andrés Segovia.
Cinéma : Le renouveau du cinéma australien passe par Chris Noonan (Roméo et Juliette et Moulin Rouge) et P.J. Hogan (Priscilla, folle du désert).
Les journaux à lire
The Australian : 130 000 exemplaires, considéré comme le quotidien de référence de l'élite politique et économique.
The Canberra Times : quotidien d'une stricte neutralité politique.
[ Le déjeuner ]
Pays de culture britannique, l'Australie sacrifie au petit déjeuner copieux. Lequel permet d'enjamber allègrement le déjeuner qui n'est en général qu'une collation consommée rapidement.
[ Le dîner ]
C'est le propre des pays chauds : on ne cuisine pas ou peu et, sans être trop désobligeant, la gastronomie ne figure pas au patrimoine. Il faut s'attendre à être convié à un dîner se résumant à un barbecue. La tenue vestimentaire est donc à l'avenant mais n'exclut pas de se munir d'un bouquet de fleurs et d'une bouteille de vin. Dans l'hypothèse d'une invitation au restaurant, il faut s'enquérir du statut de licencié ou non de l'établissement, l'autorisant ou non à servir de l'alcool. Certains d'entre eux affiche « BYO » (Bring your own), ce qui suppose que l'on passe au préalable par un « bottle shop » pour y acheter la bouteille de vin qui sera débouchée à table moyennant le paiement d'un droit de bouchon.
[ Les relations ]
Tout est question de savant dosage entre la réserve britannique et l'exubérance des pays chauds. Mais, d'une manière générale, la forte influence asiatique incline à pencher pour la première. Le contact physique est mal supporté, jusqu'à réduire la poignée de main au simple geste de courtoisie. Dans les relations, d'affaires ou non, l'usage du prénom est quasi immédiat.
[ Les sujets qui fâchent ]
L'Australien n'a guère d'affection pour son passé. Mieux vaut éviter toute allusion aux premiers arrivants britanniques : des bagnards et leurs gardes-chiourmes. Il y eut ensuite le sort réservé aux Aborigènes, à l'égard desquels les gouvernements successifs depuis les années 1970 présentent des excuses. Sur un ton plus léger, toute comparaison entre le Vegemite (une pâte noire qui s'étale en très fine couche sur les toasts du petit déjeuner) et le Marmite anglais, pourtant rigoureusement identique, est à bannir.
Alain Bradfer








