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Le caractère multi-ethnique de la population singapourienne complique singulièrement les relations. Si la norme occidentale a tendance à prendre le pas, il n´en demeure pas moins des subtilités propres aux communautés chinoise, indienne et malaisienne. Trait commun : les salutations se font par une inclinaison de la tête, suivie d´une poignée de main. Un homme évitera de tendre la main vers une femme musulmane, attendant qu´elle fasse le geste. De même : tout se joue dans le visage qui doit rester impassible, quelles que soient les émotions ressenties. On s´interdira de regarder ses pieds ou ceux de son interlocuteur.
Population : 4,6 millions d´habitants.
Langues : Ce petit archipel en bout de la péninsule malaise renferme autant d´ethnies que de langues. Le chinois min nan (le taïwanais) l´emporte avec 23 % de locuteurs. Au total, les langues parlées par la communauté chinoise pèsent quelque 60 %. Le malais, a priori langue locale, n´est parlé que par 10 % de la population. Les quatre langues officielles reconnues ont cédé la place à « l´anglais de Singapour », le « singlish », un anglais mêlé d´emprunts aux langues utilisées localement. Le gouvernement tente d´imposer un anglais « standard ».
Religions : Le paysage religieux est également complexe. Le bouddhisme domine avec 42 % de pratiquants recensés – correspondant à la communauté chinoise –, suivie de l´islam avec 15 %, à égalité avec les chrétiens. Les autres religions se partagent les 13 % restant, laissant 15 % à un athéisme plus ou moins affiché.
Organisation politique : La démocratie, au sens occidental du terme, relève ici de la théorie. Si le multipartisme figure comme tel dans les textes, un seul parti, le People´s Action Party (PAP), fondé en 1954, occupe le pouvoir depuis l´indépendance en 1965. Les trois partis d´opposition – L´Alliance démocratique que Singapour (SDA), le Parti démocratique de Singapour (SDP et le Parti des travailleurs (WP) – n´ont d´autre fonction que de faire de la figuration, sachant que, lors des dernières élections, ils n´ont emporté que deux sièges sur les 83 à pourvoir.
Les grands repères
Littérature : Alfian bin Sa´at (« Harmony Daze », publié en 2005, « Confessions of 300 Unmarried Men: Blush » et « Homesick », publiés en 2006) est un pur produit de la culture singapourienne dont il est un enfant terrible : malais et musulman, il est d´ascendance chinoise et indonésienne.
Musique : L´orchestre symphonique de Singapour est à prendre en compte comme l´un des vingt grands mondiaux. Une compositrice de musique contemporaine : Joyce Bee Tuan Koh, dont les œuvres sont interprétées tant en Europe qu´aux États-Unis.
Cinéma : Eric Khoo (qui s´est fait connaître en 1995 avec Mee Pok Man avant de réaliser tout récemment Be With Me) est l´un des chefs de file d´une production singapourienne en pleine renaissance.
Les journaux à lire
• « The Straits Times » (388 000 exemplaires). Fondé en 1845, c´est le quotidien anglophone de référence en Asie du Sud-Est. Proche du gouvernement singapourien, il offre néanmoins de bonnes analyses sur les pays voisins.
• « The Business Times » (35 000 exemplaires). Ce quotidien est propriété du groupe Singapore Press Holdings. Il livre une remarquable actualité financière et économique sur l´Asie.
Le déjeuner
La présence britannique a laissé ses traces, ne serait-ce que par la pratique du plantureux breakfast qui réduit généralement le déjeuner à la portion congrue d´une collation de milieu de journée.
Le dîner
Quelle que soit la communauté, ce repas revêt une importance majeure et la tenue se voudra décontractée. Dans le cas d´une invitation à domicile, il faudra se déchausser avant de pénétrer dans les lieux. C´est dans la nature du présent à offrir que toute la complexité de la société singapourienne apparaît. Chez des Malais, on s´interdira d´offrir un objet en peau de porc, le don se faisant en partant et non à l´arrivée. Chez des Indiens, on s´abstiendra d´offrir un bouquet de fleurs de frangipanier, réservées aux funérailles ou tout cadeau contenant du cuir. Pour les Chinois, ce sont les couteaux, les montres ou les fleurs qui sont proscrits.
Les relations
La ponctualité est de règle, de même que le respect des titres auquel on adjoindra le plus souvent le prénom. Un prénom dont, en revanche, il ne sera fait usage que lorsque des relations amicales sont bien établies. La politesse – toutes communautés confondues – est d´un usage qui peut confiner à l´obséquiosité. Sachant qu´il est inconcevable de faire perdre la face à son interlocuteur, il faut s´attendre à ce qu´il acquiesce à une demande qui lui est faite en public, sans qu´il lui donne suite. L´échange des cartes de visite donne lieu à un véritable rituel : elle doit être présentée des deux mains, tenue par les coins, sans être ni courbée ni pliée.
Les sujets qui fâchent
La religion et la politique sont à éviter. La première, parce que ne posant aucun problème dans un pays où cohabitent une douzaine de confessions, sa seule évocation pourrait en induire un. La politique parce que Singapour étant officiellement une démocratie, le pouvoir autoritaire qui y règne est censé vouloir le bonheur de la nation – ce qui est démontré par une certaine réalité – et n´est donc pas à remettre en question.
Alain Bradfer








