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L´Argentine vit d´un double héritage, espagnol et italien. Il s´ensuit tout naturellement une exubérance méditerranéenne transmise de génération en génération.
Buenos Aires se voulant capitale de l´élégance, la tenue sera à l´avenant : sobre et de bon goût. Les relations s´établissent le plus souvent sur le mode chaleureux, le tutoiement apparaissant très vite. Toutefois, il convient de se renseigner sur les titres universitaires de son interlocuteur (doctor, ingenero ou licenciado) qui précéderont son nom. Il faut s´armer d´un sens de l´autodérision et s´attendre à se voir plaisanter sur son apparence ou sa corpulence.
Population : 39,4 millions d´habitants.
Langues : on estime à un peu plus de 90 % la population s´exprimant en espagnol, langue officielle du pays. Il s´agit toutefois d´un espagnol un peu particulier. Il se teinte d´accent italien auquel il a emprunté des mots ainsi qu´au français ou au portugais. Autre emprunt, à la langue autochtone, le mapuche, l´interjection « che » (qui se traduit par « homme »). Autre particularité, le lunfardo, argot venu des quartiers pauvres qui s´assimile au verlan.
Religions : le catholicisme domine très largement, représentant 90 % de la population. La Constitution, jusqu´en 1994, stipulait que la présidence de la République devait être assurée par un catholique. La religion est maintenue constitutionnellement comme religion officielle. L´immigration en provenance d´Europe centrale y a apporté une communauté protestante représentant 7 % de la population. La communauté juive a eu à pâtir d´un sentiment antisémite qui a incité à des départs. Même réduite à 2 %, elle demeure active et marque sa présence.
Organisation politique : la carte politique argentine est difficile à déchiffrer tant les coups d´État se sont succédé. Elle se complique encore avec l´arrivée au pouvoir en 1946 de Juan Peron, créateur d´un mouvement politique, le Parti justicialiste, aux contours difficiles à cerner. Le coup d´État de 1976 initié par le général Videla contre Isabel Peron achève de brouiller le paysage jusqu´au retour des civils à la présidence en 1983 avec Raul Alfonsin, représentant de l´Unión Cívica Radical, parti de tendance socialiste, challenger traditionnel du Parti justicialiste. L´élection en 2003 de Néstor Kirchner en 2003 et sa succession assurée en 2007 par son épouse Cristina instaurent l´avènement d´un parti post-péroniste de centre-gauche, le Frente para la Victoria.
Littérature : deux figures immenses de la littérature : Julio Cortázar et Jorge Luis Borges auxquelles il faut ajouter Hector Biancotti, devenu académicien français. Dans le roman contemporain, on citera César Aira (Varamo, Les nuits de Flores, édités chez Christian Bourgois) ; Mempo Giardinelli (Les morts sont seuls et Luna Caliente, chez Métailié)
Musique : Astor Piazzolla, maître absolu du tango que l´on retrouve parfois aux frontières du classique et du jazz. Lalo Schifrin, davantage marqué par le jazz. Leur maître à tous : Alberto Ginastera, composteur d´un classicisme agrémenté de rythmes latino-américains.
Cinéma : Carlos Sorín (Bombón el perro, El Camino de San Diego) ; Fernando Solanas, un documentariste qui fut candidat à l´élection présidentielle contre Cristina Kirchner (La dignidad de los nadies) et son fils, Juan Solanas (Nordeste).
Les journaux à lire
Buenos Aires Herald : quotidien édité en anglais depuis 1876. 25 000 exemplaires.
La Nación : Sérieux en politique nationale et internationale. 185 000 exemplaires.
Clarín : quotidien d´un indépendantisme farouche. 300 000 exemplaires.
El Economista : l´hebdomadaire de l´information économique. 12 000 exemplaires.
[ Le déjeuner ]
L´héritage méditerranéen de l´Argentine, partagé entre l´Italie et l´Espagne, fait du déjeuner (l´almuerzo) un repas plutôt rapide, allant du plus léger avec des empenadas (chaussons à la viande) ou la pizza à une viande accompagnée de légumes.
[ Le dîner ]
C´est le repas le plus important de la journée. Filant la métaphore biblique, il se traduit tout simplement par « la cena ». Copieux, il met à mal les végétariens, sachant que l´Argentin est le plus grand consommateur de viande au monde. On s´habille pour dîner, les hommes portant veste et cravate. On veillera à apporter un cadeau ou des fleurs à la maîtresse de maison et une bouteille d´alcool ou de vin d´importation, appréciée en raison des droits de douane qui les frappent. Comme en Espagne, il est malvenu de se présenter à l´heure fixée pour le dîner. Mieux vaut accorder un délai d´une demi-heure à trois quarts d´heure.
[ Les relations ]
Les contacts, fussent-ils les premiers, sont toujours francs et chaleureux, le contact physique est exprimé par une tape dans le dos ou une main posée sur le bras. Dès que les relations acquièrent une certaine proximité, l´accolade entre hommes ou entre homme et femme devient de rigueur. Cette décontraction impose de ne jamais entrer immédiatement dans le vif du sujet s´agissant de traiter des affaires. On veillera à entrer en matière en évoquant la famille ou le pays, la fierté de la nation étant consubstantielle de la nationalité argentine.
[ Les sujets qui fâchent ]
À moins de connaître parfaitement son interlocuteur, sont à proscrire toute conversation concernant la politique ou la religion. La politique parce que le péronisme qui imprègne encore la vie politique suscite des sentiments ambigus d´adhésion sans condition ou de rejet violent, les deux parties y trouvant vices et vertus. La religion, parce que dans ce pays officiellement catholique, la société est divisée et sans concession. Les relations avec les pays voisins : le Chili parce qu´il subsiste un différend frontalier et le Brésil, concurrent avéré en matière de suprématie en Amérique latine. La question des Malouines, évidemment.
Alain Bradfer








