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DOSSIER : Dossier - Italie, un marché cible pour la French touch (17 articles) ...
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20/10/2010 à 1h
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Dans les infrastructures et le cadre de vie en général, l'Italie dispose de puissantes entreprises, comme Impregilo par exemple, et d'un réseau de sous-traitants très compétitifs. Mais il y a aussi des opportunités de marchés dans des créneaux précis et ce d'autant plus que l'Italie, comme les autres pays, est entrée dans l'ère du développement durable.
L'expérience du français Qualiconsult met en évidence la nécessité de s'adapter au marché. Son implantation en Italie date de 2002 avec comme objectif de développer une activité de contrôle technique à partir de l'expérience espagnole de la loi de garantie décennale des constructions. Les responsables de l'entreprise pensaient que l'Italie allait mettre en place un système similaire. « Quand nous sommes arrivés, nous nous sommes rendu compte que le contrôle technique existait, mais uniquement en validation de projets publics. Il n'y avait pas d'activité de vérification de chantiers », explique Patrick Amicucci, directeur général de la filiale italienne Qualitalia.
La société a obtenu des contrats significatifs qui sont autant de références. Ainsi, dans le cadre des jeux Olympiques d'hiver de Turin 2006, elle a emporté un des contrats du village olympique et le palais des sports. Elle a aussi gagné le contrat de validation technique de la Venaria Reale, le « Versailles turinois ».
L'entrée en vigueur de la loi de garantie décennale (loi Spinetta) pour tous les permis de construire déposés après juillet 2005 a ouvert de belles perspectives pour la filiale. « C'est une vraie niche, un marché neuf en Italie », précise Patrick Amicucci. L'objectif de Qualitalia est d'être présent sur l'ensemble du territoire.
Pour cela, elle ouvre des bureaux sur place dès que le chiffre d'affaires est significatif. La société s'est implantée dans plusieurs villes : Turin, Gênes, Padoue, Florence, Ancône, Rome, etc., mais également dans le sud. Dans cette zone, il y a une importante activité de construction, mais une précaution essentielle à prendre : embaucher du personnel local pour l'activité commerciale. Les différences culturelles et le poids des réseaux sont qu'il est impensable d'embaucher un commercial de Milan pour travailler en Sicile !
Le développement des bureaux oblige l'entreprise à un effort de recrutement et de formation important. L'expansion de la société est d'ailleurs visible au travers de ses chiffres d'embauche : 35 en 2007 et 15 pendant les cinq premiers mois de 2008. Qualitalia emploie une cinquantaine de salariés et a également recours à des experts et à des consultants. Le turnover est faible. « Au cours des six dernières années, nous avons eu très peu de défections », indique Patrick Amicucci.
Le marché italien restera porteur car le pays va continuer à rattraper son retard. Pour preuve, l'entrée en vigueur du nouveau code des marchés publics rend obligatoire la validation des projets. Par ailleurs, il existe une volonté officielle de relancer les travaux d'infrastructures. L'expo Milan 2015 devrait y contribuer également. Qualitalia espère bien ce placer sur ce dernier projet comme elle l'a fait pour les JO de Turin.
Autre exemple : les transports urbains. Ceux-ci sont gérés directement par les municipalités, mais un mouvement s'esquisse en faveur de plus d'autonomie, voire une participation du secteur privé. L'expérience française des sociétés d'économie mixte (SEM) est, de ce point de vue, intéressante pour l'Italie qui ne souhaite pas une privatisation à 100 %.
La société Transdev, filiale de la Caisse des dépôts spécialisée dans le transport urbain et premier opérateur de SEM dans ce secteur en France, a gagné en 2005 un appel d'offres à Gênes pour la privatisation partielle du réseau de transport. C'était la première fois qu'une collectivité locale italienne faisait appel à un partenaire extérieur pour développer la gestion des transports urbains. Transdev Italia détient 41 % du capital de la société AMT (les 59 % restants appartiennent à la ville de Gênes).
Transdev a obtenu un autre contrat en Vénétie : il s'agit de la gestion d'un réseau de transport urbain et interurbain dans la province montagneuse de Belluno, dans les Dolomites : Transdev Italia détient 40 % de Dolomiti Bus dont les autres actionnaires sont publics. « C'est un réseau très intéressant car il y a un vrai projet de développement d'un système de transport en zone de montagne. Or, notre groupe est spécialiste de ce type de transport », explique Franck-Olivier Rossignolle, directeur délégué Italie de Transdev.
Le phénomène d'ouverture est irréversible. Plusieurs collectivités locales ont prévu de lancer des appels d'offres. Les autorités locales se retrouvent étranglées en raison de la hausse du prix des carburants et la plupart des sociétés municipales de transport sont en perte. Comme la cession complète au secteur privé est politiquement impossible, l'ouverture devrait se concrétiser sous la forme de privatisations partielles. Gênes est de ce point de vue une expérience pilote regardée de très près par les maires italiens.
Daniel Solano
« Il faut savoir démontrer ce que nous apportons en plus »
L'entreprise française qui viendrait en Italie en affirmant sa « supériorité » risque de grosses déconvenues. Comment se positionner alors ? L'exemple de Transdev est intéressant car la société intervient dans un domaine, les transports urbains, où les Italiens ont un important savoir-faire. Il vaut aussi pour d'autres secteurs.
Pour Franck-Olivier Rossignolle, directeur délégué Italie de Transdev, la question à se poser est :« Qu'est-ce que nous apportons de plus ? » Mais cela ne suffit pas. Le directeur insiste sur l'importance de la capacité à «démontrer » que son entreprise possède une solution qui peut intéresser.
« Nous ne venons pas en affirmant que nous sommes meilleurs. Nous disons que nous avons une expérience sur le marché français qui pourrait intéresser nos clients, les collectivités locales », explique Franck-Olivier Rossignolle. Le « plus » ne concerne pas les questions techniques. C'est l'expérience accumulée et le modèle de partenariat public-privé avant la lettre que représentent les sociétés d'économie mixte en France.
D. S.
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