Un respect de la hiérarchie hérité de l'existence d'une cour royale imprègne les relations sociales. Il s'impose ainsi de s'adresser à un ministre, voire à un président de chambre de commerce en le gratifiant d'un « Votre Excellence ». On n'omettra pas non plus le « Docteur » désignant quiconque est diplômé d'une université. C'est au nom de la tradition encore que les femmes prendront la précaution d'emporter dans leur bagage une abayya, survêtement couvrant le corps, ainsi qu'un foulard. Inutile de préciser également que les bagages ne devront emporter aucune boisson alcoolisée, pas davantage que d'aliments à base de porc. Aussi légère soit-elle pour se conformer au climat, la tenue de ville est impérative, quelles que soient les circonstances.
Population. 20,7 millions d'habitants auxquels s'ajoutent environ 6 millions d'immigrés.
Langues. L'arabe est évidemment la langue officielle, bien que l'anglais ait conquis un statut de seconde langue. La quasi-totalité de la population un tant soit peu éduquée est bilingue arabe-anglais.
Religions. L'islam a rang de religion d'État, pratiquée par 98 % de la population totale, les 2 % restants relevant d'autres religions dues à la proportion importante d'immigrés. La Sunna, seconde source législative après le Coran, inspire directement la Constitution. La charia (la loi islamique) est appliquée dans toute sa rigueur et les oulémas - docteurs de la foi - partagent le pouvoir avec la famille royale. Si la présence de non-musulmans est tolérée sur ce qui est considéré comme une terre sainte de l'islam, la pratique d'autres cultes n'y est pas autorisée.
Organisation politique. Aucun jeu politique à l'occidentale n'a cours dans ce pays gouverné par une monarchie longtemps absolue. En 1992, une concession a été faite à une forme de démocratie avec la création du Majlis al Choura, un conseil consultatif dont les 90 membres sont désignés par le roi pour un mandat de quatre ans. Il y eut pourtant des tentatives de création de partis politiques d'opposition (un parti communiste et un parti socialiste) auxquelles il fut mis rapidement un terme par l'arrestation de leurs fondateurs et leur libération cautionnée par la dissolution de leurs mouvements. Mais ce sont les conflits de clans qui risquent de se substituer aux partis politiques depuis la révision, en 1992, des règles de succession établie par Abdel Aziz Ibn Saoud, qui ont eu pour effet de voir se succéder des octogénaires.
Les grands repères
> Littérature. Les auteurs saoudiens sont rares et généralement incompris dans leur pays. C'est donc avec circonspection que l'on abordera l'œuvre de Rajaa al-Sanea, auteur de Girls of Riyadh publié en anglais en 2007. Dentiste, vivant désormais à Chicago, elle a été l'objet de plaintes - rejetées - dans son pays.
> Musique. Deux grands auteurs de chants arabes, mêlant rythme occidentaux et orientaux : Tariq Abdulahkeem et Saraj Omar. On s'intéressera au samri, musique et danse d'inspiration bédouine.
> Cinéma. Il n'y a d'autre cinéma en Arabie Saoudite que celui consommé à domicile, ce qui explique la faiblesse de la production nationale. On notera toute fois Cinema 500 km, d'Abdullah Al-Eyaf, racontant l'épopée d'un jeune devant aller à Bahreïn pour y voir le premier film de sa vie. Haifaa Al-Mansour, femme cinéaste, a réalisé Women without shadows, consacré à la condition féminine dans le pays.
Les journaux à lire
Trois quotidiens nationaux de langue anglaise : The Arab News, Saudi Gazette et Al Hayat.
[ Le déjeuner ]
Il s'agit ici davantage d'une collation que d'un repas, sachant que le petit-déjeuner, mêlant traditions arabe et britannique, est toujours généreux. Le « déjeuner d'affaires » ne se conçoit pas.
[ Le dîner ]
Il s'agira toujours, dans un premier temps, d'une invitation dans un restaurant ou un hôtel international où les usages britanniques sont d'application, les mains sous la table entre les plats. Dans l'hypothèse d'une invitation à domicile, un homme veillera à ne pas offrir de fleurs à la maîtresse de maison. En revanche, un cadeau « neutre » sera toujours bienvenu. La tenue de ville est impérative. Il faut s'attendre à ce qu'hommes et femmes dînent dans des pièces séparées. Et à se voir offrir de nombreux cafés en attendant le repas. La manière polie de décliner (après le premier) consiste à conserver sa tasse dans la main en l'agitant doucement. Les aliments se prennent toujours de la main droite.
[ Les relations ]
Un homme s'abstiendra de tendre la main à une femme à moins qu'elle prenne elle-même l'initiative. On donnera du temps au temps. Les conversations démarrent généralement par de longues digressions consacrées à la famille, aux relations, à l'air du temps. Lorsqu'on entre dans le vif du sujet, un acquiescement ou un refus ne seront jamais clairement exprimés et ne seront déterminés qu'après une consultation collective. S'agissant de la ponctualité, elle est à respecter en principe, quoique le Inch Allah ponctuant la plupart des phrases lui donne une notion relative.
[ Les sujets qui fâchent ]
La religion et ce qu'elle implique dans le mode d'existence sont à bannir. On ne parlera en aucune circonstance de la polygamie, du statut de la femme. De même, si les religions du Livre autres que l'islam sont tolérées dans le pays, on n'affichera jamais son athéisme, notion inconcevable. Les conflits israélo-arabe, d'Irak et d'Afghanistan sont l'objet d'analyses trop complexes dans ce pays pour être abordées.
Alain Bradfer