Guide business 2011 Chypre
Sommaire :
1. Guide business 2011 Chypre

Chypre
1. Guide business 2011 Chypre
Membre de la zone euro depuis 2008, Chypre est plus connue pour la légèreté de sa fiscalité, attirant de nombreuses entreprises étrangères, que par le dynamisme de son petit marché intérieur d’à peine 800 000 habitants. Il y a pourtant des affaires à faire dans cette île, territoire le plus à l’est de l’Union européenne.
Géographiquement proche d’un monde arabe en pleine ébullition, Chypre fait figure de havre de paix. L’île est à moins de 400 kilomètres de l’Égypte, à 100 kilomètres de la Syrie et à 300 kilomètres de la bande de Gaza. Et à 75 kilomètres seulement des côtes turques. Mais si la jeune république (elle a obtenu son indépendance en 1960) est désormais un État stable et sécurisé, elle n’en est pas moins séparée d’un tiers de son territoire depuis 1974 et l’invasion de l’armée turque. Un drame humain pour l’immense majorité des Chypriotes grecs. Et un boulet économique.
Les ports du nord de l’île sont fermés, les échanges économiques entre les deux zones sont très réduits et Nicosie a la particularité d’être la seule capitale au monde coupée en deux. Une curiosité touristique depuis que des check-points ont été ouverts en 2004. Reste que la République de Chypre, la seule reconnue par la communauté internationale, a su jouer de ses atouts – une situation géographique qui en fait une plateforme entre Orient et Occident – et surmonter ses handicaps – un marché minuscule et pas de ressources naturelles.
Des entreprises, notamment françaises, y font des affaires. Bouygues a construit les aéroports internationaux de Larnaca et de Paphos. Vinci, éconduit au dernier moment, s’était porté candidat pour mettre en œuvre le premier partenariat public-privé de Chypre : l’autoroute A7 reliant Polis à Paphos, dans l’Est. La société d’ingénierie Sogreah et l’informaticien Bull y ont une petite antenne. Le groupe de distribution Carrefour est présent. La chaîne de bricolage et jardinage Leroy Merlin doit ouvrir son premier magasin en septembre prochain. Creative Tour, qui « monopolise » le marché français du tourisme à Chypre a été créé par un Français. De nombreuses marques, principalement dans l’univers du luxe, des cosmétiques, de l’habillement et de l’équipement de la maison, y sont distribuées.
Avec un taux d’imposition sur les sociétés de 10 %, l’île passe pour un paradis fiscal. C’est un atout de poids, mais cela ne suffit pas à attirer les investisseurs. Il faut aussi des infrastructures et un réseau de télécommunication de bonne qualité, ce dont l’île dispose. Ancienne colonie britannique, carrefour commerçant historique, Chypre a en outre développé une solide culture des affaires, mêlant la rigueur anglo-saxonne à la décontraction méditerranéenne. Il faut au maximum quatre jours ouvrés pour enregistrer une entreprise. Et, à midi, vous aurez la surprise de voir nombre d’hommes d’affaires et d’employés passer du temps à table en terrasse. Ou faire du shopping dans les boutiques de luxe de Nicosie.
Car les Chypriotes consomment. Îlot de stabilité, le pays est également un îlot de richesse dans la région, avec un PIB par habitant de plus de 20 000 euros par an. De plus, une clientèle fortunée, chypriote ou expatriée, aime à y exhiber ses signes extérieurs de richesse. « Chypre, c’est plutôt l’ouest de l’Orient que l’est de l’Occident, quand on a de l’argent on le montre, il faut que ça brille », selon un homme d’affaires habitué de ce marché. La crise n’a pas ou peu touché cette population privilégiée.
Épargnée par la crise financière, l’économie, très dépendante de l’extérieur, n’en a pas moins été touchée par la récession mondiale. Tandis que le PIB a affiché des taux de croissance de 3,9 % en 2007 et 3,7 % en 2008, il a décroché de 1,7 % en 2009. L’an dernier, il a augmenté de seulement 1 % et devrait croître de 1,5 % cette année. Le taux de chômage a atteint 6,2 % en 2010, contre 3,7 % en 2008. Le secteur de l’immobilier, pilier de l’économie avec le tourisme, les services financiers et le transport maritime, est toujours en berne. Les touristes ont déserté, mais reviennent depuis peu. Le secteur bancaire, très développé, craint la contagion de la crise grecque. L’économie du pays est encore convalescente.
Très orientée sur les services, qui représentent 80 % de son PIB, Chypre a aujourd’hui l’opportunité de se tourner vers un secteur complètement nouveau : l’énergie. « Les énergies renouvelables ont le vent en poupe en ce moment. L’énergie est un secteur très à la mode, surtout depuis que du gaz a été découvert dans les eaux territoriales d’Israël. C’est une mini-révolution pour l’île », constate Pierre Godec, conseiller du commerce extérieur français installé depuis huit ans à Chypre. Et dans ce domaine, Chypre va avoir besoin de tout.
Enquête réalisée par Sophie Creusillet
Géographiquement proche d’un monde arabe en pleine ébullition, Chypre fait figure de havre de paix. L’île est à moins de 400 kilomètres de l’Égypte, à 100 kilomètres de la Syrie et à 300 kilomètres de la bande de Gaza. Et à 75 kilomètres seulement des côtes turques. Mais si la jeune république (elle a obtenu son indépendance en 1960) est désormais un État stable et sécurisé, elle n’en est pas moins séparée d’un tiers de son territoire depuis 1974 et l’invasion de l’armée turque. Un drame humain pour l’immense majorité des Chypriotes grecs. Et un boulet économique.
Les ports du nord de l’île sont fermés, les échanges économiques entre les deux zones sont très réduits et Nicosie a la particularité d’être la seule capitale au monde coupée en deux. Une curiosité touristique depuis que des check-points ont été ouverts en 2004. Reste que la République de Chypre, la seule reconnue par la communauté internationale, a su jouer de ses atouts – une situation géographique qui en fait une plateforme entre Orient et Occident – et surmonter ses handicaps – un marché minuscule et pas de ressources naturelles.
Des entreprises, notamment françaises, y font des affaires. Bouygues a construit les aéroports internationaux de Larnaca et de Paphos. Vinci, éconduit au dernier moment, s’était porté candidat pour mettre en œuvre le premier partenariat public-privé de Chypre : l’autoroute A7 reliant Polis à Paphos, dans l’Est. La société d’ingénierie Sogreah et l’informaticien Bull y ont une petite antenne. Le groupe de distribution Carrefour est présent. La chaîne de bricolage et jardinage Leroy Merlin doit ouvrir son premier magasin en septembre prochain. Creative Tour, qui « monopolise » le marché français du tourisme à Chypre a été créé par un Français. De nombreuses marques, principalement dans l’univers du luxe, des cosmétiques, de l’habillement et de l’équipement de la maison, y sont distribuées.
Avec un taux d’imposition sur les sociétés de 10 %, l’île passe pour un paradis fiscal. C’est un atout de poids, mais cela ne suffit pas à attirer les investisseurs. Il faut aussi des infrastructures et un réseau de télécommunication de bonne qualité, ce dont l’île dispose. Ancienne colonie britannique, carrefour commerçant historique, Chypre a en outre développé une solide culture des affaires, mêlant la rigueur anglo-saxonne à la décontraction méditerranéenne. Il faut au maximum quatre jours ouvrés pour enregistrer une entreprise. Et, à midi, vous aurez la surprise de voir nombre d’hommes d’affaires et d’employés passer du temps à table en terrasse. Ou faire du shopping dans les boutiques de luxe de Nicosie.
Car les Chypriotes consomment. Îlot de stabilité, le pays est également un îlot de richesse dans la région, avec un PIB par habitant de plus de 20 000 euros par an. De plus, une clientèle fortunée, chypriote ou expatriée, aime à y exhiber ses signes extérieurs de richesse. « Chypre, c’est plutôt l’ouest de l’Orient que l’est de l’Occident, quand on a de l’argent on le montre, il faut que ça brille », selon un homme d’affaires habitué de ce marché. La crise n’a pas ou peu touché cette population privilégiée.
Épargnée par la crise financière, l’économie, très dépendante de l’extérieur, n’en a pas moins été touchée par la récession mondiale. Tandis que le PIB a affiché des taux de croissance de 3,9 % en 2007 et 3,7 % en 2008, il a décroché de 1,7 % en 2009. L’an dernier, il a augmenté de seulement 1 % et devrait croître de 1,5 % cette année. Le taux de chômage a atteint 6,2 % en 2010, contre 3,7 % en 2008. Le secteur de l’immobilier, pilier de l’économie avec le tourisme, les services financiers et le transport maritime, est toujours en berne. Les touristes ont déserté, mais reviennent depuis peu. Le secteur bancaire, très développé, craint la contagion de la crise grecque. L’économie du pays est encore convalescente.
Très orientée sur les services, qui représentent 80 % de son PIB, Chypre a aujourd’hui l’opportunité de se tourner vers un secteur complètement nouveau : l’énergie. « Les énergies renouvelables ont le vent en poupe en ce moment. L’énergie est un secteur très à la mode, surtout depuis que du gaz a été découvert dans les eaux territoriales d’Israël. C’est une mini-révolution pour l’île », constate Pierre Godec, conseiller du commerce extérieur français installé depuis huit ans à Chypre. Et dans ce domaine, Chypre va avoir besoin de tout.
Enquête réalisée par Sophie Creusillet








