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DOSSIER : Brésil, mondial 2014, JO 2016 : les bons plans pour faire du business
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3/02/2011 à 1h
Marchés étrangers
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À Rio de Janeiro, le célèbre stade de Maracana est fermé pour travaux, preuve que le Brésil prépare activement la Coupe du monde de football qui se déroulera en juin-juillet 2014.
Elle est prévue dans 12 capitales d´États : Belo Horizonte, Brasilia, Cuiabá, Curitiba, Fortaleza, Manaus, Natal, Porto Alegre, Recife, Rio de Janeiro, Salvador et São Paulo. Le budget officiel du gouvernement pour cet événement est de 17,5 milliards de reals (7,2 milliards d´euros). Il porte sur 59 grands projets, y compris les travaux sur les 12 stades (5,4 milliards de reals, 2,1 milliards d´euros).
La tenue des matches de la « Copa » oblige les villes d´accueil à disposer de stades aux normes très strictes de la Fifa (Fédération internationale de football association), « les mêmes que celles exigées en Afrique du Sud », précise-t-on au siège de cette organisation à Zurich. Résultat, il faut moderniser les stades existants ou en construire de nouveaux. De plus, la Fifa a établi un calendrier très strict : les stades doivent être prêts en décembre 2012 pour la Coupe des Confédérations qui se tient traditionnellement un an avant, dans le pays qui accueille la coupe, c´est-à-dire en 2013. « Ce sera une bonne occasion pour roder le dispositif », note un consultant spécialisé.
La Banque nationale de développement économique et social (BNDES), qui appartient à l´État, a mis en place une ligne de financement public (ProCopa Arenas) pour les projets de stades et d´amélioration des zones urbaines limitrophes. Elle est dotée de 4,8 milliards de reals à des conditions préférentielles et permet de financer jusqu´à 75 % d´un projet avec un plafond de 400 millions de reals par opération. À fin décembre 2010, cinq stades avaient obtenu des financements : Salvador, Fortaleza, Cuiabá, Manaus et Rio de Janeiro.
L´avancement des projets est très inégal d´une ville à l´autre. Les travaux de rénovation du stade de Maracana, où doit être jouée la finale de la coupe, ont été adjugés au début du mois d´août 2010 pour 706 millions de reals. Le consortium gagnant, composé d´entreprises brésiliennes de génie civil (Andrade Gutierrez, Odebrecht et Delta), a démarré le chantier en septembre 2010. « Les travaux sont d´une telle ampleur que le stade est pratiquement à reconstruire », note un spécialiste de la construction.
Le projet de Salvador, dans le Nord-Est, a été le premier à être lancé. Mais, dans cette même région, celui de Natal accuse un gros retard. À Brasilia, le contrat de rénovation du stade de Mané Garrincha a été signé le 16 juillet 2010 et le coordinateur de la coupe du Monde dans le district fédéral, Sergio Graça, confirme que « tout sera finalisé en décembre 2012 ». À São Paulo, où doit être joué, en principe, le match d´ouverture, un nouveau stade doit être construit, mais le financement du BNDES n´a pas encore été accordé. Une vraie course contre la montre est engagée pour respecter le délai fixé par la Fifa.
En matière de génie civil, les possibilités pour les entreprises étrangères sont pratiquement nulles. Le Brésil dispose d´un tissu d´entreprises de BTP très compétitives qui dominent le marché national : Odebrecht, Camargo Correa, Andrade Gutierrez, etc. « Hors génie civil, il y aura des possibilités d´affaires pour les entreprises françaises », note Sergio Costa, directeur du bureau d´Ubifrance à Rio de Janeiro. Il s´agit des marchés liés à l´équipement des stades : sièges, sécurité, caméras, etc. Les appels d´offres devraient sortir dans les prochains mois.
Un autre marché important est celui du tourisme. Le ministère des Sports estime que le Brésil recevra 600 000 touristes étrangers supplémentaires à l´occasion de la « Copa ». Des investissements importants sont également prévus pour augmenter la capacité hôtelière : 10 000 lits supplémentaires à Brasilia, huit nouveaux hôtels à Cuiabá, cinq à Manaus, etc. Le BNDES a mis en place ProCopa Turismo, une ligne de financement de 1 milliard de reals destinée au secteur hôtelier : construction de nouveaux établissements, extension et modernisation du parc existant. Trois prêts ont été approuvés, dont deux destinés à la construction d´hôtels Ibis à Rio de Janiero, dans les quartiers de Copacabana (11,6 millions de reals) et de Botafogo (11,6 millions de reals).
Une autre ligne de financement a été mise en place en janvier 2010 afin de financer des projets d´amélioration des transports urbains dans les villes qui participent à l´événement. Au total, 47 projets ont été retenus et le gouvernement fédéral s´est engagé à mettre sur la table 7,68 milliards de reals (coût total des projets : 11,48 milliards de reals) dans le cadre du programme Pro-Transporte. Parmi les projets retenus, on trouve les différentes modalités de transport : tramways, monorails, systèmes d´autobus articulés, Bus rapid transit (BRT), etc. L´offre française est bien placée même si la concurrence est forte.
La concrétisation des 47 projets sera cependant plus longue que pour les stades dont la réalisation est indispensable pour la tenue de la coupe. Il est d´ores et déjà acquis que tous ne seront pas réalisés en 2014. Le plus gros défi reste celui des aéroports. La tenue des matches dans 12 villes réparties sur l´ensemble du territoire brésilien (8,5 millions de km2, 15 fois la superficie de la France métropolitaine) impliquera des déplacements importants.
Or, le trafic passagers a augmenté de 33 % au cours de la période 2006-2009 en raison de l´expansion de l´économie brésilienne et de l´augmentation du pouvoir d´achat, sans que les investissements suivent au même rythme. Résultat : les retards sont courants et la situation prend les allures d´une catastrophe nationale lors des fêtes de fin d´année. En 2010, la situation a encore empiré avec une augmentation du trafic de 21 % pendant les dix premiers mois de l´année. Le dossier des aéroports est l´un des problèmes urgents auxquels va devoir s´atteler la nouvelle présidente de la République, Dilma Rousseff, qui a pris ses fonctions le 1er janvier 2011. Selon l´Infraero, l´entité publique en charge des aéroports, les investissements nécessaires pour la Coupe du monde s´élèvent à 5,5 milliards de reals. Le nouveau gouvernement envisage de confier au secteur privé la construction et la gestion de nouveaux terminaux dans plusieurs aéroports brésiliens.
Daniel Solano, envoyé spécial au Brésil
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