Dans son rapport annuel sur la Norvège, paru en février 2012, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dresse un bilan positif de l'économie du pays tout en demandant un peu plus de rigueur (voir synthèse du rapport en fichier attaché). "La Norvège continue de bénéficier de sa richesse pétrolière bien gérée et de politiques macroéconomiques saines, permettant d’assurer des niveaux de bien-être et de cohésion sociale qui sont restés élevés par rapport aux autres pays", estime l'OCDE. L'organisation signale seulement deux points noirs : le fort endettement des ménages et les prix élevés de l’immobilier.
Le royaume scandinave est en effet un des Etats les plus prospères de la planète grâce à ses ressources pétrolières et gazières. Prudent, le pays accumule les recettes de ses hydrocarbures dans un Fonds public pour les retraites qui représentait 160% du PIB à la fin de l’année dernière (sur la base d’un baril à 72 $). Dans le même temps, Oslo peut se permettre d’avoir des services publics généreux, notamment en ce qui concerne l’éducation (crèches pour tous les enfants) et la santé (les prestations maladie représentent 100% du dernier salaire).
Ainsi, le marché du travail se caractérise par un faible chômage et un fort taux d’activité. Mais, le revers de la médaille est un taux record d’absentéisme pour maladie, et pour invalidité (9% des 15-64 ans). Le gouvernement norvégien a déjà réagi en multipliant les contrôles.
Autre point noir : une inflation immobilière à deux chiffres, dans un pays où les coûts sont élevés, mais où les salaires augmentent de 6% à 7% par an. Les Norvégiens privilégient l’investissement immobilier (dotés d’avantages fiscaux) aux actions (dont les revenus sont lourdement taxés à 56%). Les experts de l'OCDE craignent que le système financier soit fragilisé par l’endettement des particuliers, tout en reconnaissant que les banques sont peu exposées aux obligations souveraines des pays en difficulté de la zone euro.
Par ailleurs, l’OCDE recommande de durcir les règles de retraite (alignement du public sur le privé, aucune incitation à partir plus tard à la retraite), d’assurance maladie (par plus de surveillance), et d’invalidité (contrôles plus fréquents, etc).
Dans son rapport annuel sur la
Norvège, paru en
février 2012, l’Organisation de
coopération et de développement économiques (OCDE) dresse un bilan positif de l'économie du pays tout en demandant un peu plus de rigueur (voir synthèse du rapport en fichier attaché). "La Norvège continue de bénéficier de sa richesse pétrolière bien gérée et de politiques macroéconomiques saines, permettant d’assurer des niveaux de bien-être et de cohésion sociale qui sont restés élevés par rapport aux autres pays", estime l'OCDE. L'organisation signale seulement deux points noirs : le fort endettement des ménages et les prix élevés de l’immobilier.
Le
royaume scandinave est en effet un des Etats les plus prospères de la planète grâce à
ses ressources pétrolières et gazières. Prudent, le pays accumule les recettes
de ses hydrocarbures dans un Fonds public pour les retraites qui représentait
160% du PIB à la fin de l’année dernière (sur la base d’un baril à 72 $). Dans
le même temps, Oslo peut se permettre d’avoir des services publics généreux,
notamment en ce qui concerne l’éducation (crèches pour tous les enfants) et la
santé (les prestations maladie représentent 100% du dernier salaire).
Ainsi,
le marché du travail se caractérise par un faible chômage et un fort taux
d’activité. Mais, le revers de la médaille est un taux record d’absentéisme
pour maladie, et pour invalidité (9% des 15-64 ans). Le gouvernement norvégien
a déjà réagi en multipliant les contrôles.
Autre
point noir : une inflation immobilière à deux chiffres, dans un pays où
les coûts sont élevés, mais où les salaires augmentent de 6% à 7% par an. Les
Norvégiens privilégient l’investissement immobilier (dotés d’avantages fiscaux)
aux actions (dont les revenus sont lourdement taxés à 56%). Les experts de l'OCDE craignent que le système financier soit fragilisé par l’endettement des
particuliers, tout en reconnaissant que
les banques sont peu exposées aux obligations souveraines des pays en
difficulté de la zone euro.
Par
ailleurs, l’OCDE recommande de durcir les règles de retraite (alignement du
public sur le privé, aucune incitation à partir plus tard à la retraite),
d’assurance maladie (par plus de surveillance), et d’invalidité (contrôles plus
fréquents, etc).
L’Organisation
conseille aussi de faire en sorte que les dépenses publiques soient davantage
évaluées sur la base d’indicateurs de production, de rentabilité, et qu’il y
ait une présentation plus transparente des priorités d’action. L’OCDE
souhaiterait également que la
Norvège revoit sa fiscalité (fin de la déductibilité des
intérêts hypothécaires, réduire l’impôt sur la fortune qui incite à l’évasion
fiscale, supprimer le droit de timbre sur les transactions immobilières, regrouper
les abattements en un seul). L’organisation suggère également de modifier les
règles s’appliquant aux donations et aux successions (abattements annuels
profitant aux plus fortunés ; donations au profit de tiers sont
exonérées ; les exploitations agricoles, les actions non cotées et les
sociétés de personnes bénéficient de règles préférentielles, etc).
En
résumé, l’OCDE demande à la
Norvège d’être un peu plus rigoureuse dans l’attribution de
ses très généreuses allocations, et facilités diverses. Elle recommande aussi
tout un catalogue de nouvelles impositions. Mais il y a peu de chances que ces
recommandations soient mises en œuvre dans ce royaume qui vit à l’abri de la
crise économique et financière qui frappe les grands pays européens. C’est par
exemple le cas de la politique régionale (2% du PIB, destinée à maintenir une
agriculture et de la population dans des régions difficiles), qui est un principe non
négociable pour les autorités du pays.
Jean-François Tournoud
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