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19-01-2012

La directive soufre pèsera sur les armateurs

France - Union européenne - Transport maritime et fluvial - Réglementations

Selon une règlementation initiée par l’Organisation maritime internationale (l’OMI dépend de l’ONU) et avalisée par une directive de la commission européenne, les armateurs devront diviser par dix les émissions de soufre de leurs navires (soit un taux de 0,1 % contre 1 % actuellement) à compter du 1er janvier 2015.

Cette mesure, adoptée en 2008, concerne en priorité les zones environnementales identifiées comme sensibles à la pollution au soufre, en raison de leurs sols calcaires et d’un trafic maritime intense. Elle s’appliquera donc aux navires circulant dans la mer du Nord et Baltique. La directive sera sans doute très vite étendue aux unités naviguant en mer Méditerranée. A priori, rien que de plus normal. L’industrie automobile, les entreprises de transport aérien et routier, déjà astreintes à des normes assez comparables, ne s’y sont-elles pas adaptées ?

Le texte touchera le trafic de cabotage, dit « short-sea », les ports, les trafics ferry et rouliers. Il représente un coût important, aussi bien pour les acteurs du trafic passager que du commerce maritime européen. Car il place les exploitants de navires devant une alternative : soit remplacer le fioul par le gazole, soit s’équiper d’un épurateur de fumée. Cela inquiète les armateurs, mais ils ont réagi bien tard, organisant une conférence de presse le 18 janvier 2012.
Selon ces derniers, le saut au 0,1% de soufre est brutal. Parce que le gazole coûte 40 % plus cher (950 $ la tonne) que le fioul (550 $) actuellement utilisé dans les soutes. S’y ajoute le coût d’une modification des moteurs. Enfin, parce que la seule nouvelle technologie d’épuration proposée est jugée extrêmement coûteuse et d’une faible efficacité.
Il s’agit du dispositif, dénommé « scrubber », dont l’objet est l’épuration des gaz d’échappement. Le scrubber est un engin très encombrant et qui nécessite une reconfiguration très lourde des cargos et ferry, impactant leur capacité de chargement et leur motorisation. Ils sont aussi très coûteux, soit une fourchette de prix comprise entre 6 et 10 millions l’unité, somme à laquelle s’ajoute un coût d’exploitation de l’ordre de 500 000 à 750 000 euros par an et par navire. Les armateurs, qui nous ont fourni ces chiffres indiquent qu'ils ne concernent que les  ferrys.

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