10-11-2011
Les errances du droit européen face à l’efficacité du droit international
Europe - Réglementations - Juridique
Le rappel, par l’avocat général près la Cour de justice de l’Union européenne, du fait que les justiciables ne peuvent se prévaloir, en droit interne, des dispositions juridiques d’une directive non transposée, met en évidence la menace pesant aujourd’hui sur le droit communautaire et l’efficacité du droit international.
Ces derniers mois, notre actualité judiciaire a été marquée par une mise à l’honneur du droit international. Tout d’abord, la Chambre sociale de la Cour de cassation a confirmé que les normes internationales régulièrement ratifiées avaient une autorité supérieure à celle des lois internes (1). Ensuite, la France a été condamnée par le Comité européen des droits sociaux du Conseil de l’Europe (CEDS) en matière de temps de travail – « forfait jour » (2). Enfin, l’avocat général près la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a rappelé, le 8 septembre 2011, que les justiciables ne pouvaient se prévaloir en droit interne des dispositions juridiques d’une directive non transposée (3).
Distinguer texte européen, communautaire, du Conseil de l’Europe ou international
Si ces décisions nous éclairent sur l’apparition d’un nouvel ordre juridique, il est encore difficile pour les praticiens d’appréhender le statut d’une norme supranationale. En effet, tous les textes de source européenne ne sont pas forcément, et à strictement parler, « communautaires ». Les règles édictées par le Conseil de l’Europe relèvent ainsi du droit international. En outre, et pour accentuer la confusion étymologique, les termes « communautaire » et « européen » sont aujourd’hui synonymes (Convention de Lisbonne, 17/12/2007). Dans un souci de clarté, il est ainsi préférable d’opérer une distinction entre droit communautaire (ou européen) et droit « du Conseil de l’Europe ».
L’autre source d’incompréhension résulte de l’apparente hégémonie du droit international sur le droit européen. La volonté de nos politiques n’étaient-elles pas de créer un droit communautaire armant l’Europe et ayant vocation à primer sur toutes dispositions de droit interne ?
Deux logiques bien différentes
Ces derniers mois, notre actualité judiciaire a été marquée par une mise à l’honneur du droit international. Tout d’abord, la Chambre sociale de la Cour de cassation a confirmé que les normes internationales régulièrement ratifiées avaient une autorité supérieure à celle des lois internes (1). Ensuite, la France a été condamnée par le Comité européen des droits sociaux du Conseil de l’Europe (CEDS) en matière de temps de travail – « forfait jour » (2). Enfin, l’avocat général près la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a rappelé, le 8 septembre 2011, que les justiciables ne pouvaient se prévaloir en droit interne des dispositions juridiques d’une directive non transposée (3).
Distinguer texte européen, communautaire, du Conseil de l’Europe ou international
Si ces décisions nous éclairent sur l’apparition d’un nouvel ordre juridique, il est encore difficile pour les praticiens d’appréhender le statut d’une norme supranationale. En effet, tous les textes de source européenne ne sont pas forcément, et à strictement parler, « communautaires ». Les règles édictées par le Conseil de l’Europe relèvent ainsi du droit international. En outre, et pour accentuer la confusion étymologique, les termes « communautaire » et « européen » sont aujourd’hui synonymes (Convention de Lisbonne, 17/12/2007). Dans un souci de clarté, il est ainsi préférable d’opérer une distinction entre droit communautaire (ou européen) et droit « du Conseil de l’Europe ».
L’autre source d’incompréhension résulte de l’apparente hégémonie du droit international sur le droit européen. La volonté de nos politiques n’étaient-elles pas de créer un droit communautaire armant l’Europe et ayant vocation à primer sur toutes dispositions de droit interne ?
Deux logiques bien différentes







