Triangle économique de barcelone : un projet ambitieux de pôle d’excellence
Trois grands projets, 22@Barcelone, Delta BCN/BZ Barcelone Zone d´innovation et Parc de l´Alba, forment le Triangle économique de Barcelone. Au total, pas moins de 7 millions de m² seront dédiés aux activités de la connaissance et aux nouvelles technologies.
Depuis plus de vingt ans, la municipalité de Barcelone mène une politique active qui associe rénovation urbaine et modernisation de son tissu productif. La tenue des jeux Olympiques de 1992 a été l´occasion d´une vaste opération de revalorisation de nombreux emplacements considérés jusque-là en friche et de récupération du front de mer. Les Jeux ont permis à Barcelone de se doter de réalisations remarquables : une « nouvelle Barcelone » est alors née. L´événement a projeté au monde l´image d´une ville moderne, ouverte et hospitalière.
En 2000, une nouvelle initiative ambitieuse a été lancée : le projet 22@Barcelone. L´objectif est de transformer l´ancien quartier industriel de Barcelone, le Poblenou (« nouveau village » en catalan), situé à l´est de la ville, en un espace urbain innovateur, qui mise sur le développement des activités liées à l´économie de la connaissance et aux nouvelles technologies ; mais aussi sur la qualité de vie, l´efficacité des infrastructures et le développement durable. En fait, ce projet vise à créer une « structure urbaine conçue pour l´économie du xxie siècle », selon Joan Clos, maire de la ville de 1997 à 2006.
Le projet, réalisé par étapes, se caractérise par son ampleur puisqu´il porte sur 4 millions de m², dont 3,2 millions dédiés à des activités productives et 800 000 au logement et aux services collectifs. Il a aussi une valeur hautement symbolique. Le Poblenou, surnommé le « Manchester catalan », hébergeait les industries traditionnelles en déclin. La paupérisation et le vieillissement des logements en avaient fait un exemple de dégradation urbaine.
Le projet incorpore une série d´équipements destinés à assurer une gestion urbaine durable et à réduire l´empreinte écologique : développement des transports urbains, tri des déchets, mise en place d´un réseau de climatisation « intelligente » utilisant en partie la vapeur créée par la combustion des déchets pour le chauffage et l´eau de mer pour le refroidissement, etc.
Trois grands projets, 22@Barcelone, Delta BCN/BZ Barcelone Zone d´innovation et Parc de l´Alba, forment le Triangle économique de Barcelone. Au total, pas moins de 7 millions de m² seront dédiés aux activités de la connaissance et aux nouvelles technologies.
Depuis plus de vingt ans, la municipalité de Barcelone mène une politique active qui associe rénovation urbaine et modernisation de son tissu productif. La tenue des jeux Olympiques de 1992 a été l´occasion d´une vaste opération de revalorisation de nombreux emplacements considérés jusque-là en friche et de récupération du front de mer. Les Jeux ont permis à Barcelone de se doter de réalisations remarquables : une « nouvelle Barcelone » est alors née. L´événement a projeté au monde l´image d´une ville moderne, ouverte et hospitalière.
En 2000, une nouvelle initiative ambitieuse a été lancée : le projet 22@Barcelone. L´objectif est de transformer l´ancien quartier industriel de Barcelone, le Poblenou (« nouveau village » en catalan), situé à l´est de la ville, en un espace urbain innovateur, qui mise sur le développement des activités liées à l´économie de la connaissance et aux nouvelles technologies ; mais aussi sur la qualité de vie, l´efficacité des infrastructures et le développement durable. En fait, ce projet vise à créer une « structure urbaine conçue pour l´économie du xxie siècle », selon Joan Clos, maire de la ville de 1997 à 2006.
Le projet, réalisé par étapes, se caractérise par son ampleur puisqu´il porte sur 4 millions de m², dont 3,2 millions dédiés à des activités productives et 800 000 au logement et aux services collectifs. Il a aussi une valeur hautement symbolique. Le Poblenou, surnommé le « Manchester catalan », hébergeait les industries traditionnelles en déclin. La paupérisation et le vieillissement des logements en avaient fait un exemple de dégradation urbaine.
Le projet incorpore une série d´équipements destinés à assurer une gestion urbaine durable et à réduire l´empreinte écologique : développement des transports urbains, tri des déchets, mise en place d´un réseau de climatisation « intelligente » utilisant en partie la vapeur créée par la combustion des déchets pour le chauffage et l´eau de mer pour le refroidissement, etc.
À la fin de l´année dernière, un premier bilan d´étape a été dressé : il est largement positif. En effet, 200 hectares de sol industriel ont été transformés en un nouvel espace dédié aux activités intensives en connaissance. Le processus de rénovation d´environ 68 % du sol industriel a été engagé. Environ 1 600 logements ont été construits ou sont en chantier et 14,8 km de rues ont été urbanisés. Plus de 90 000 personnes résident dans la zone contre 73 500 en 2001. En même temps, des édifices symboliques du patrimoine industriel ont été préservés et réhabilités.
Selon le dernier recensement disponible, la zone de 22@Barcelone a accueilli 4 500 entreprises nouvelles depuis 2000, soit une moyenne de 545 par an. Plus de 90 000 salariés travaillent dans cette zone, dont plus de 70 % ont une formation universitaire. Le chiffre d´affaires généré dans cet espace, en incluant les activités hors 22@, frôle les 9 milliards d´euros. L´ancien quartier industriel est devenu le nouveau moteur économique de Barcelone. « Dix ans après, le projet 22@ Barcelone est consolidé et a démontré qu´il est capable de créer un espace productif propice à la création de nouvelles entreprises et de nouveaux postes de qualité », affirme Jordi William Carnes, premier adjoint au maire de Barcelone. La clé du succès réside dans le fait d´avoir réussi à implanter un environnement favorable au développement des entreprises. Dix universités avec plus de 25 000 étudiants et 12 centres de recherche-développement (R&D) y sont installés. D´où la création d´un « vivier » où les entreprises qui s´installent peuvent recruter le personnel qualifié nécessaire. De plus, l´existence d´une masse critique de chercheurs dans les universités et les centres de recherche permet de nouer des partenariats et de mettre en place des logiques de travail en commun entre l´ensemble des acteurs.
Cinq clusters, rassemblant l´ensemble des acteurs de secteurs déterminés, ont été constitués : TIC, technologies médicales, énergie, média et design (voir encadré). Tous n´ont pas été atteints le même stade d´avancement. Cependant, l´expérience a été jugée positive au point que d´autres clusters sont en voie de création : véhicule électrique, alimentation, aérospatial, etc. Ce dispositif explique que près de 60 % des entreprises installées depuis 2000 dans 22@Barcelone sont intensives en connaissance ou en technologie.
Forte de ce qui est déjà un succès, Barcelone cherche à répliquer la formule dans deux autres espaces : Delta BCN/BZ Barcelone Zone d´innovation et le Parc de l´Alba, situés à l´ouest et nord. Au total, ces trois éléments constituent le Triangle économique de Barcelone, soit une superficie totale disponible pour les entreprises de 7 millions de m2 et une capacité de création estimée de 200 000 emplois.
Dans chaque cas, il s´agit de moderniser les infrastructures de base et de mettre en place des services collectifs (déchets, réseaux de télécommunications, etc.) de manière à attirer des entreprises et à créer des emplois. Chacun des trois éléments du Triangle a cependant ses caractéristiques propres.
À l´ouest, la zone du delta du fleuve Llobregat concentre un ensemble de services, infrastructures, entreprises et institutions qui en font un endroit stratégique disposant de liaisons directes aussi bien avec l´aéroport qu´avec le port de Barcelone. Ce nouvel espace, qui en est à la phase des études, prévoit la construction du Parc aérospatial et de la mobilité (25 200 m2) dans la commune adjacente de Viladecans. Un parc d´affaires (64 000 m2) ainsi qu´un Parc méditerranéen de la technologie (40 000 m²) sont également prévus afin d´accueillir des entreprises.
Le Delta BCN/BZ Barcelone Zone d´innovation est un projet encore plus ambitieux. Il s´agit d´installer dans la zone industrielle de la zone franche de Barcelone des entreprises innovantes dans trois domaines : alimentation, technologie et culture. Il est prévu 300 et 500 implantations nouvelles qui généreraient 30 000 emplois.
Au nord, le Parc de l´Alba se situera dans la zone du Vallès qui comporte déjà une importante concentration d´entreprises et d´infrastructures dédiées à l´économie de la connaissance. Le projet consiste à étendre cette zone afin d´en faire un pôle d´excellence scientifique et technologique de dimension européenne. Le projet prend appui sur le synchroton d´Alba, l´université autonome de Barcelone (UAB) et la présence d´une concentration d´entreprises et de parcs scientifiques et technologiques. Le plus connu d´entre eux est le Parc technologique du Vallès (PTV).
Le concept du Triangle vise à créer une véritable « masse critique » d´entreprises, d´universités et de centres de recherche, de manière à propulser la ville dans une nouvelle phase de développement économique.
Daniel Solano
Témoignage : Alfonso Faubel, vice-président d´Alstom Wind
Au début de 2009, le groupe Alstom a décidé de transférer le siège mondial d´Alstom Wind, la business unit en charge des activités mondiales dans l´éolien, au sein du district 22@Barcelone. Une démarche logique puisque, dès 2007, la recherche-développement (R&D) y avait été localisée. De plus, en 2008, le groupe avait racheté la société catalane Ecotecnia, un pionnier dans le domaine de l´éolien puisqu´elle avait installé en 1984 le premier aérogénérateur en Espagne. C´est depuis Barcelone qu´est conduite la stratégie de développement international du groupe et la supervision des deux futures usines qui doivent être opérationnelles fin 2011, au Brésil et aux États-Unis, en plus des trois usines espagnole actuellement en fonctionnement. Le siège d´Alstom Wind emploie plus de 400 salariés (sur un total de 1 100 en Espagne), dont 150 ingénieurs dans la R&D.
« Le développement technologique est un enjeu essentiel dans ce secteur encore jeune », explique Alfonso Faubel, vice-président d´Alstom Wind. C´est à Barcelone qu´a été conçue et développée l´éolienne ECO 100 de grande puissance. La première commande porte sur 69 unités à livrer pour l´extension du parc éolien de Whitelee en Écosse. Un accord vient d´être signé avec EDF Énergies nouvelles pour répondre au futur appel d´offres de l´État français pour le développement de parcs éoliens en mer.
« L´attractivité de Barcelone est liée à une multiplicité d´atouts », affirme Alfonso Faubel. L´existence d´un tissu industriel mature favorise le développement de « fertilisations croisées » : l´existence d´une industrie automobile a permis de développer des savoir-faire utiles pour les énergies nouvelles (achats, processus industriels, etc.). Le tissu dense d´universités et de centres de recherche permet des coopérations, comme celle nouée avec l´Institut de recherche sur l´énergie de Catalogne (Irec) pour l´éolien marin. L´aéroport offre des lignes internationales nombreuses, un aspect important compte tenu du développement mondial de l´éolien. « Les universités proposent d´excellentes formations et sont un vivier pour le recrutement », indique Alfonso Faubel qui souligne qu´il n´est pas difficile d´attirer, en cas de besoin, des cadres étrangers à Barcelone en raison de la qualité de vie.
D. S.
Témoignage : Luis Pérez Castilla Directeur des ventes et du développement des affaires et membre du comité exécutif d´Atos Origin Iberia
Atos Origin est présent en Catalogne depuis plus de trente ans et la société a commencé sa collaboration avec le mouvement olympique en travaillant pour les jeux de Barcelone en 1992. Elle est devenue par la suite le partenaire informatique du Comité international olympique (CIO) à partir des jeux de Salt Lake City en 2002 et prépare ceux de Londres en 2012 et de Sotchi en 2014.
Fait moins connu, c´est la filiale espagnole, Atos Origin Iberia, qui est en charge de l´activité jeux Olympiques depuis ses bureaux situés dans le district 22@Barcelone où la société est installée depuis 1997. Un tiers des 900 personnes qui travaillent en permanence à Barcelone sont dédiées à cette activité. Mais ce chiffre est plus élevé lors du déroulement des manifestations (3 000 personnes prévues pour Londres en 2012). Atos Origin Iberia, dont le siège social est situé à Madrid, travaille également dans les métiers traditionnels du groupe en Espagne et développe des applications pour téléphonie mobile.
La société Atos Origin Iberia a mis au point des systèmes d´information et de sécurité des données très sophistiquées et qui sont perfectionnés de manifestation en manifestation. « Ce savoir-faire est l´élément différenciateur par rapport à la concurrence. Nous exportons de la technologie dans le monde entier depuis Barcelone », affirme Luis Pérez Castilla, directeur des ventes et du développement des affaires et membre du comité exécutif d´Atos Origin Iberia.
Pourquoi Barcelone ? Le démarrage de la collaboration avec le CIO à l´occasion des JO de Barcelone a été le point de départ. « Il existe un réseau d´universités et d´écoles d´ingénieurs de bon niveau. Il est facile de trouver ici des diplômés parlant les langues étrangères », souligne Luis Pérez Castilla. Par ailleurs, Barcelone jouit d´une bonne situation géographique. Autant de conditions qui permettent à la société d´être compétitive car les Jeux sont un marché très convoité.
Chez Atos Origin Iberia, on ne se repose pas sur les lauriers. « La concurrence est très rude. Nous l´avons emporté jusqu´ici parce que nous avons apporté une prestation de qualité », affirme Luis Pérez Castilla. Le contrat actuel avec le COI vient à échéance avec le Jeux de Rio de Janeiro en 2016 et le renouvellement éventuel sera décidé cette année.
Daniel Solano
Les cinq clusters de 22@Barcelone
Barcelone cherche à développer son tissu productif par le biais de la création de clusters qui réunissent les acteurs (entreprises, administration, recherche) d´un secteur jugé prioritaire. Le projet 22@Barcelone en réunit cinq :
• Média. Le parc Barcelone Média est une plateforme d´équipements et de services dédiés à l´audiovisuel et à la communication. 22@Barcelone et le groupe Mediapro y ont mis en place un grand centre de production audiovisuelle doté de plateaux, de salles techniques et de services avancés sur une superficie de 12 000 m². Le secteur audiovisuel a une tradition bien établie en Catalogne : il est donc logique qu´un cluster ait été constitué ;
• TIC (technologies de l´information et de la communication). Les activités concernant ce secteur sont déjà consolidées autour d´une série de projets. Ainsi, l´immeuble du Media-TIC a pour objectif d´être un espace de liaison entre les clusters Média et TIC. Il offre 14 000 m² d´espace de bureaux où doivent s´installer notamment l´Internet Interdisciplinary Institute (IN3) et le eLearn Center de l´université ouverte de Catalogne (UOC) ainsi que le Barcelone Digital Centre Technologique. Un autre membre du cluster, le 22@Living Lab, rassemble des entités publiques et privées afin de promouvoir l´innovation dans les produits et les services de technologie mobile ;
• Technologies médicales. 22@Barcelone a mis en place des espaces dédiés (bureaux, laboratoires de recherche) pour que les entreprises du secteur des biosciences puissent s´établir et nouer les partenariats nécessaires pour développer leurs projets. 22@Barcelone collabore avec les principaux acteurs du secteur de la ville de Barcelone : le Parc scientifique de Barcelone (PCB) de l´université de Barcelone, le Parc de recherche biomédicale de Barcelone (PRBB) de l´université Pompeu Fabra, le Centre de recherche en bioingénierie biomédicale, Catalonia Bio, l´association des entreprises catalanes de biotechnologies, le Centre d´innovation et de développement des entreprises (Cidem) du gouvernement catalan, etc. Plusieurs entreprises de renom international comme Sanofi Aventis, Novartis, sont présentes dans le cluster ;
• Énergie. 22@Barcelone impulse ce cluster par le biais de la fondation b_Tec Barcelone innovation technologique qui dirige le campus Diagonal Besos où seront réalisées des activités d´enseignement, de recherche-développement et de travail dans l´énergie, l´eau et la mobilité. Près de ce futur campus se trouve l´Agence européenne de fusion qui gère la contribution au projet Iter (grand projet de recherche international dans la fusion nucléaire). L´Institut de recherche sur l´énergie de Catalogne (Irec) et les écoles d´ingénierie de l´université polytechnique de Catalogne (UPC) doivent également s´installer dans cette zone. Agbar, Alstom et Endesa ingénierie participent au cluster ;
• Design. Ce cluster, impulsé par le Barcelone centre de design (BCD), travaille conjointement avec 22@Barcelone afin de soutenir le secteur et de renforcer au niveau international la « marque Barcelone » en matière de design et d´innovation.
D. S.







